Le mouvement des lycéens nous le rappelle : s’il veut se donner les chances de gagner les élections, le camp social-démocrate doit changer de logiciel et assumer la rupture.
Qui rêverait d’avoir 16 ans aujourd’hui ? Bien sûr, la révolte lycéenne se focalise sur des conditions dégradées d’enseignement : locaux indignes, classes surchargées, professeurs absents. Mais elle est d’abord un immense cri de désespoir : « Nous sommes la rage vivante d’une planète mourante », pouvait-on entendre lors de la grande manifestation du 6 octobre. Oui, qui rêverait d’entamer sa vie d’adulte quand l’intelligence artificielle menace de travailler à votre place, que le climat s’affole, que la guerre ressurgit et que la dette pèse sur l’horizon ? Le plus surprenant, au fond, soit que cette colère n’ait pas éclaté plus tôt.
Et, face à cette « existentielle anxiété », comment s’étonner que seuls les candidats à la présidentielle qui prônent une rupture puissent être entendus des plus jeunes, en tout premier lieu l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui totalise 40 % des intentions de vote chez les 18-24 ans ? Dans le reste de…
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