En Ariège, ce samedi 17 octobre 2026, des manifestations ont eu lieu à Foix, Pamiers, Lavelanet et Saint-Girons, en soutien aux lycéens mobilisés à travers la France. Avec le spectre du mouvement des Gilets jaunes et...
l'essentiel En Ariège, ce samedi 17 octobre 2026, des manifestations ont eu lieu à Foix, Pamiers, Lavelanet et Saint-Girons, en soutien aux lycéens mobilisés à travers la France. Avec le spectre du mouvement des Gilets jaunes et les revendications pour les agriculteurs et les services publics, le rassemblement a réuni près d'un millier de personnes dans la cité comtale, exprimant un ras-le-bol général contre la hausse des prix et les politiques gouvernementales.
Jour de colère en France, et aussi en Ariège, né du mouvement des lycéens qui s'est répandu comme une tache d'huile dans le pays. La pluie qui le disputait au soleil n'a pas empêché manifestation et rassemblements de se tenir, ce samedi 17 octobre 2026, à Foix, Pamiers, Lavelanet ou Saint-Girons.
Le coup d'envoi non officiel de la journée a été donné sur les ronds-points, comme un écho au mouvement des Gilets jaunes en 2018. Ils étaient une trentaine à Pamiers, sous un crachin qui n'a rien à envier à la drache du Nord, à occuper le rond-point de la Bourriette sous les klaxons des quelques automobilistes qui passaient dès 7 heures du matin.
Une trentaine de manifestants s'était donné rendez-vous à Pamiers dès l'aube.
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Mais au-delà des revendications contre la hausse du prix de l'essence qui avait mis le feu aux poudres en 2018, la contestation avait bien d'autres motifs : "Contre les idées d'extrême droite", "Non aux drones tueurs et à la guerre", "Non aux Pujols et à Boussens"... Et, majoritairement, l'appui aux lycéens mobilisés à travers le pays. Même déscolarisée, Julia* est bien présente ce matin-là : "C'est la première fois que je viens sur une manifestation, je suis là en soutien. Plus on a de voix qui s'élèvent, plus on se fait entendre ensemble. Ça me tient à cœur, tout ça, parce que je vois que ça part en vrille de tous les côtés et il faut que ça s'arrête", témoigne-t-elle.
Un panneau de la Dirso a été détourné par les manifestants à Pamiers.
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"On laisse des gens sur le carreau dans ce pays, ce n'est pas normal, abonde Léo*. Le jeune homme déplore d'abord ce pays "qui, dans les trois dernières semaines, est allé réprimer sa propre jeunesse qui ne demandait qu'à avoir de bonnes conditions d'enseignement". Mais il évoque aussi "le litre d'essence à 3 euros", les coupes budgétaires dans les services publics, ou le soutien aux "guerres impérialistes dans le monde" : "En tant que citoyen, ça me révolte, mais c'est aussi un ras-le-bol collectif", tonne-t-il.
La manifestation à Foix a été rythmé par un petit orchestre.
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Des gilets jaunes, on en retrouvait aussi sous la Halle aux grains à Foix, quelques heures plus tard, au milieu d'une foule bigarrée. Jeunes, moins jeunes, syndicats, associations, citoyens... Près d'un millier de personnes a peu à peu rejoint le centre-ville de Foix sur les coups de 10 heures, pancartes à la main et slogans dans la bouche. Sophie* a choisi de faire appel à Victor Hugo, dont elle a inscrit des mots au dos de sa veste fluo, pour manifester sa colère : "Son discours sur la misère en 1849, c'est très intéressant à lire actuellement. Ça n'a pas pris une ride, on la ressent encore aujourd'hui, cette misère dont il parle", affirme-t-elle.
Muriel, elle, a inscrit les dates du mouvement des Gilets jaunes dans son dos, aux côtés du slogan "Autrement et toujours là". "C'est le même gilet qu'il y a six ans", souligne-t-elle, presque fièrement. Mais aujourd'hui, elle pense avant tout au mouvement scolaire : "On est là pour les soutenir, ce sont eux qui ont lancé ça, ils peuvent être fiers." À l'aube des élections présidentielles, la quinquagénaire, "à cran à cause du climat actuel", voit d'un bon œil cette mobilisation. "On est peut-être aux balbutiements de quelque chose, comme en 2018", veut croire son camarade Gilles à ses côtés.
Une manifestante a cité Victor Hugo sur son gilet jaune.
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Car les manifestants n'ont que cette expression à la bouche ce samedi : convergence des luttes. "Convergence, ou confluence, ou même ruissellement, comme dirait l'autre", glisse, taquin, Angel. Drapeau de la Confédération paysanne à la main, l'homme porte les revendications des paysans, qui "n'ont pas plus de revenus que leurs concitoyens".
La foule a passé de longues minutes à manifester devant le commissariat de Foix.
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Mais le co-porte-parole du syndicat agricole a aussi une pensée pour les élèves et leurs enseignants, les pompiers, les conducteurs, les infirmiers, "tous ces services publics qui font fonctionner l'État et qu'on méprise". "Le mur, on ne va pas droit devant, on y est déjà, s'exclame-t-il. Il n'y a que le gouvernement qui ne le voit pas, ils ne font que du court-termisme alors que c'est l'effondrement d'un système, avec toutes ces crises climatique, politique, sociale, énergétique." Et le paysan de filer la métaphore : "Le système, il tremble, mais ensemble, on peut se tenir la main, ça tremble moins."
Le cortège s'est arrêté manifester devant la maison d'arrêt de Foix.
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Bien qu'elle n'ait pas été déclarée en préfecture, la manifestation de ce samedi 17 octobre 2026 a connu un certain succès dans les rues de Foix. Peu avant 11 heures, un millier de personnes se sont élancées sur les allées de Villote, scandant majoritairement des slogans anti-État et anti-forces de l'ordre sous des notes de musique égrenées par des musiciens en tête de cortège.
Entonnant la chanson "Bella ciao" ou la clameur de "Siamo tutti antifascisti", les manifestants ont d'abord fait étape devant l'hôtel de police de Foix. Sous les yeux de quelques policiers casqués et porteurs de boucliers, les contestataires ont réclamé la libération de plusieurs personnes, dont ils maintenaient qu'elles auraient été arrêtées le matin même.
Contacté, le procureur de la République Olivier Mouysset précise : "Aucune interpellation ou garde à vue en lien avec les attroupements de ce jour, pour le moment." Le magistrat poursuit : "Il s’agissait de vérifications d’identité (article 78-3 du Code de procédure pénale)." Ce dernier article prévoit que ces vérifications peuvent être menées, "en cas de nécessité", au local de police, "si l'intéressé refuse ou se trouve dans l'impossibilité de justifier de son identité".
Des applaudissements à la maison d'arrêtAprès une vingtaine de minutes devant le commissariat, le cortège a ensuite pris la route vers la maison d'arrêt de Foix. Sous les yeux des forces de l'ordre qui fermaient la circulation dans les rues empruntées par la cohorte, les participants ont bruyamment applaudi pour faire entendre leur soutien aux prisonniers.
Dans le calme, la procession s'est ensuite ébranlée, direction la gendarmerie. Massés sur le rond-point de l'Hippodrome, les manifestants ont encore une fois donné de la voix, avant que le cortège ne se désagrège peu à peu et que la circulation ne reprenne ses droits sur le cours Gabriel-Fauré en début d'après-midi.