Un homme de 48 ans s'est attaché à une barrière et a entamé une grève de la faim ce mardi 6 octobre à Fleurance, dans le Gers. L'ancien militaire revendique le droit de se marier avec sa compagne, une demande jusque...
l'essentiel Un homme de 48 ans s'est attaché à une barrière et a entamé une grève de la faim ce mardi 6 octobre à Fleurance, dans le Gers. L'ancien militaire revendique le droit de se marier avec sa compagne, une demande jusque-là refusée par la mairie pour des raisons administratives, son dernier divorce n'étant pas mentionné sur l'acte civil. Explications.
Un cri du cœur. Voilà ce qui a poussé Marc-Alexandre à s'attacher volontairement à une barrière située à l'entrée du centre communal d'action sociale (CCAS) de Fleurance, ce mardi. Un geste symbolique pour cet ancien militaire de 48 ans, suivi depuis plusieurs années par le CCAS au titre de bénéficiaire de l'allocation aux adultes handicapés. Sa revendication est claire : il veut se marier avec sa compagne, avec qui il déclare être en couple depuis "plus de 10 ans".
Menotté à un barreau, l'homme se justifie en désignant des documents officiels qui témoignent de son statut d'homme divorcé. "Je fais une grève de la faim pacifiquement, explique-t-il. Je ne mens pas sur ce qui est écrit : je suis bien ancien combattant, je suis bien retraité des armées, je suis bien handicapé à plus de 50 % et il y a bien un juge qui a prononcé mon divorce il y a 18 ans."
"Si je n'ai pas Marc-Alexandre, je suis toute seule"À travers cet acte, Marc-Alexandre souhaite défendre son droit au mariage avec Marie-Ange, aide médico-psychologique à l'hôpital de Fleurance. Sa demande auprès de l'actuel maire de la commune, Grégory Bobbato, remonte au mois de juin dernier. "Le but de ma démarche est simplement de mettre ma femme à l’abri si je ne suis plus là, et qu’elle ait au moins ma pension de réversion des armées."
Âgée de 56 ans, Marie-Ange acquiesce : "Il m'a demandé en mariage pour me protéger. J'ai accepté cette demande. J'ai perdu mon fils unique. Si je n'ai pas Marc Alexandre, je suis toute seule."
Marc Alexandre se déclare victime d'un imbroglio administratif.
DDM
Si la mairie de Fleurance n'accède pas à leur souhait commun, c'est en raison d'un imbroglio administratif. Divorcé depuis 18 ans après une première union à Épinal, Marc-Alexandre apparaît en effet toujours comme un homme marié sur son acte d'état civil disponible à la mairie de la commune vosgienne. Une "erreur d'écriture", comme il l'affirme, tout en prouvant son statut d'homme divorcé à l'aide d'un jugement rendu par le tribunal d'Épinal.
Sur ce document daté du 13 mai 2008, le juge aux affaires familiales déclare ainsi le mariage avec son ex-femme "dissous" et "ordonne que mention du dispositif du présent jugement soit portée en marge de l'acte de mariage et des actes de naissance des parties". Un certificat de la cour d'appel de Nancy précise par ailleurs que cette décision n'a fait l'objet d'aucun appel.
"On suit les textes"La mairie de Fleurance indique toutefois ne pas pouvoir lancer la procédure de mariage en l'absence de la mention du divorce sur l'acte d'état civil du demandeur. "Légalement il y a des textes, justifie le maire Grégory Bobbato. On suit les textes et quand on aura les documents, on pourra lui proposer quelque chose. Si le tribunal autorise la mairie d’Épinal d’apposer la mention divorcé sur son acte d’état civil, on pourra alors reprendre son extrait d’état civil."
Après plusieurs semaines d'attente, Marc-Alexandre semble pourtant avoir perdu patience. Et confiance aussi. "J'ai fait tout ce qu’il fallait pour ne pas en arriver là", clame-t-il. Déterminé à faire valoir son "droit de citoyen", il conclut : "Je me battrai corps et âme pour qu’on soit mariés. Je veux épouser ma femme, elle m’a dit oui, j’irai jusqu’au bout."