Réunis pacifiquement autour de grillades devant la préfecture de Tarn-et-Garonne, jeudi 1er octobre en soirée, les agriculteurs ont exposé au préfet Sébastien Cauwel leurs trésoreries à sec et leurs récoltes...
l'essentiel Réunis pacifiquement autour de grillades devant la préfecture de Tarn-et-Garonne, jeudi 1er octobre en soirée, les agriculteurs ont exposé au préfet Sébastien Cauwel leurs trésoreries à sec et leurs récoltes sinistrées. Les aides annoncées par l’État sont accueillies comme un premier pas, bien trop court à leurs yeux.
Pas de tracteurs en batterie ni de remorques prêtes à répandre leur colère devant les grilles. Ce jeudi 1er octobre au soir, place Foch, à Montauban, les agriculteurs de Tarn-et-Garonne ont choisi la grillade plutôt que l’épreuve de force. Une mobilisation pacifiste devant la préfecture, avec un invité : Sébastien Cauwel, venu échanger avec une profession qui dit ne plus pouvoir attendre.
Damien Garrigues et Loïc Ducasse remettent leurs bottes au préfet Sébastien Cauwel.
DDM Manu Massip
Pour l’accueillir, Damien Garrigues, président de la FDSEA, et Loïc Ducasse, son homologue des Jeunes Agriculteurs 82, ont fait tomber leurs vêtements avant d’offrir leurs bottes au préfet. Une mise à nu pour raconter celle des comptes. "Nous sommes à poil !" lance Damien Garrigues. Trésoreries fragilisées, récoltes laminées par les aléas climatiques, charges de carburant, d’engrais et de semences toujours plus lourdes : "La situation devient intenable."
Dans les rangs, une même inquiétude : voir les exploitations disparaître. "De nombreux agriculteurs, notamment beaucoup de jeunes, lâchent. L’enfrichement des terres est une réalité", poursuit le responsable syndical. Le plan Casi annoncé par le gouvernement ? "Quasi rien", tranche-t-il, jugeant que 5000 euros par ferme ne suffiront pas à absorber la flambée des coûts.
Grillade-partie devant la préfecture de Tarn-et-Garonne ce jeudi 1er octobre en soirée.
DDM Manu Massip
Face au barbecue, les dossiers brûlants n’ont pas manqué : autorisations de pompage, simplification administrative, stockage de l’eau tombée en hiver et au printemps pour passer les étés secs. "Sur le curage des lacs existants, il y a des avancées et une volonté qui va dans le bon sens, reconnaît Loïc Ducasse. Mais il faut aller plus loin et faire remonter à Paris notre détresse."
Huit millions d’euros d’allègement annoncésLe préfet n’arrivait toutefois pas les mains vides. Deux jours plus tôt, il avait qualifié 2026 d’année "globalement désastreuse" pour l’agriculture départementale. Il a annoncé une enveloppe de 2,6 millions d’euros, destinée en priorité à 450 exploitations viables mais très fragilisées. Un guichet unique a ouvert à la Direction départementale des territoires, avec des aides de 5000 à 7000 euros, majorées pour les installations de moins de dix ans.
S’y ajoute un projet d’exonération de taxe foncière sur le non-bâti, encore soumis au feu vert de Bercy : 55% pour les prairies et terres arables, 50% pour l’arboriculture, 65% pour les noiseraies et jusqu’à 80% à Cazes-Mondenard, Nègrepelisse et Albias, frappées par la grêle. Avec les aides directes, l’État chiffre l’allègement à environ 8 millions d’euros.
Pas de dégâts, donc, ce jeudi soir. Damien Garrigues n’a pas résisté à solder les comptes : après chaque action, rappelle-t-il, le Département chiffre les dégradations entre 400000 et 800000 euros. "Ce soir, rien n’a été endommagé. Nous avons donc un avoir de ces montants-là, que l’on peut nous reverser." Une boutade amère, servie avec les grillades.