L’ancien président de l’Open VLD (depuis lors rebaptisé “Anders”) a quitté ses fonctions de chef de groupe au parlement flamand. La raison : ses mauvaises relations avec le nouveau patron des libéraux flamands, Frédéric De Gucht. ...
Egbert Lachaert a quitté ses fonctions de chef de groupe au parlement flamand, emporté par le poids des dissensions internes. En particulier, par ses mauvaises relations avec Frédéric De Gucht, l'actuel patron d'Anders (le nouveau nom de l'Open VLD). Ce dernier se serait montré particulièrement autoritaire et directif.
Il y a trois ans, Egbert Lachaert avait déjà connu d'importantes difficultés qui l'avaient conduit à quitter son mandat : il était alors lui-même à la tête du parti libéral flamand. La mise en place de la majorité Vivaldi en octobre 2020 avait ouvert une période d'instabilité politique chez les bleus flamands.
Pour Egbert Lachaert, ce gouvernement dirigé par le libéral Alexander de Croo mais dominé par la gauche socialiste et écologiste n'avait rien d'une évidence. En mai 2020, il avait en effet été élu à la présidence du parti sur la base d'une promesse : organiser la rupture avec le libéralisme progressiste incarné par Gwendolyn Rutten, l'ancienne présidente. Egbert Lachaert se voulait le représentant de la ligne donkerblauw -bleu foncé – plus à droite sur le plan socio-économique.
Mais, en politique, la marge entre le programme et la réalité du pouvoir est souvent importante. À la tête de l'Open VLD, Egbert Lachaert devait défendre les compromis scellés par le gouvernement De Croo sans pour autant les soutenir à titre personnel. En 2023, affaibli par de mauvais sondages, par les tensions internes et par le grand écart idéologique auquel il était contraint, il avait finalement quitté la présidence.
Egbert Lachaert : "Le libéralisme a besoin d'une âme"Un "nettoyage" anti-Vivaldi ?Septembre 2026, le même Egbert Lachaert démissionne à nouveau. De ses responsabilités au parlement flamand, cette fois. Selon des bruits de couloirs évoqués par De Morgen, Frédéric De Gucht souhaiterait renouveler les visages du parti en vue des élections de 2029 et écarter les personnalités associées aux années Vivaldi. Prenant ombrage de ce plan, Egbert Lachaert aurait alors pris les devants en quittant son mandat de chef de groupe.
En réalité, il semble que cette décision ait été motivée par les mauvaises relations qu'entretiennent Egbert Lachaert et Frédéric De Gucht. "Ils ne se sont jamais entendus, confie un poids lourd d'Anders. Egbert est à droite tandis que Frédéric est plutôt un libéral de gauche. L'accession à la présidence de Frédéric avait déjà été un moment compliqué pour Egbert. Mais nous avons tous été surpris par sa démission. Personne ne la souhaitait."
guillement"Egbert Lachaert est à droite tandis que Frédéric De Gucht est plutôt un libéral de gauche. Son accession à la présidence avait déjà été un moment compliqué pour Egbert."
L'hypothèse d'un "nettoyage politique" contre les mandataires associés à l'ancien gouvernement De Croo ne tient pas la route, selon nos sources. Plusieurs personnalités d'Anders confirment qu'il n'y a pas de plan "anti-Vivaldi" dans l'esprit de Frédéric De Gucht. "Sinon, pourquoi aurait-il remplacé Egbert à la tête du groupe au parlement flamand par Stephanie d'Hoze ? Elle est encore plus liée à la Vivaldi car elle a une sensibilité plus progressiste et était présidente du Sénat durant cette période", décode un informateur. De même, Alexia Bertrand reste cheffe du groupe Anders à la Chambre alors qu'elle était secrétaire d'État au Budget lorsqu'Alexander De Croo était au 16, rue de la Loi.
Reste que le pas de côté d'Egbert Lachaert tombe mal. Il met en évidence les dissensions entre cadres libéraux à quelques jours du "festival des idées" que le parti organise à Bruges samedi, dans une tentative de redonner du souffle à une formation qui a perdu les dernières élections et qui tarde à redécoller dans les sondages.
Alexander De Croo ou l'art belge de se placer à l'internationalPour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.