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"Il y a cette colère obsessionnelle" : déjà condamné pour des violences sur son ex-compagne, il envoie un message promettant de la tuer à un ami policier

Дата публикации: 24-10-2026 04:32:02

Un homme a été condamné par le tribunal de Foix à dix mois de prison, dont quatre avec sursis probatoire, pour avoir envoyé un SMS menaçant à un policier concernant son ex-compagne. Le message, jugé inquiétant car...

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l'essentiel Un homme a été condamné par le tribunal de Foix à dix mois de prison, dont quatre avec sursis probatoire, pour avoir envoyé un SMS menaçant à un policier concernant son ex-compagne. Le message, jugé inquiétant car contenant des menaces de mort, a conduit à son arrestation. Il devra porter un bracelet électronique et suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales.

"C'est pas du Stendhal, mais quand même." Ainsi dépeint le président Bourdeau le SMS que Carlos a envoyé à un ami policier le 12 octobre dernier. Il est vrai que le langage est pour le moins fleuri, et inquiétant : "Je vais passer à l'action, elle va subir la misère, j'ai décidé de la tuer, avertis-la. Elle m'a trahi, ou elle me rend l'argent, ou demain matin elle prend une balle dans la tête, je m'en fous de la prison. Je vais la tuer, désolé mon ami, demain je passe à l'acte elle prend un coup de balle, je m'en fous de la prison elle m'a trahi. Bisous, ton ami en colère." 

Celle qui est visée dans ce message est assise au premier rang de la salle d'audience au tribunal de Foix. Lucie*, mains tremblantes, ne décoche pas un regard à Carlos, qui se tient rigidement derrière la vitre du box des accusés. Le tribunal de Foix, il commence à le connaître : c'est la deuxième fois en un mois qu'il comparaît devant la justice. La première fois, c'était pour avoir harcelé Lucie, son ex-compagne, et tenté de s'introduire chez elle ; la seconde fois, c'est donc pour ce SMS jugé assez menaçant pour qu'il soit arrêté quelques heures après, l'ami policier à qui il l'a envoyé ayant prévenu ses homologues de Foix. 

"Une femme coucou qui a pris de l'argent"

Manifestement, "vous êtes encore en colère, juge le magistrat. Le juge des libertés vous voit en septembre, et un mois plus tard vous envoyez ces messages, tout ça sur fond de jalousie et de colère." Car Carlos, interdit de contact avec Lucie, a approché sa fille pour déplorer l'alcoolisme de sa mère. Un message de même teneur est adressé au policier qui s'est occupé de l'enquête le concernant en septembre : Lucie serait "une femme coucou qui a pris de l'argent", et revient encore l'alcoolisme, un vice pour lequel le policier devrait immédiatement l'arrêter. 

Mais cette fois, les quelques jours qu'il a passés en prison ont ébranlé Carlos, qui n'en mène pas large devant l'œil inquisiteur de la cour, témoignent ses phrases quelque peu alambiquées. "Je suis dans cette disposition où j'ai compris que j'allais être rejugé. L'incarcération, ça a été un choc." La voix tremble. "Je tiendrai mes promesses envers Madame, je m'excuse auprès d'elle, elle qui est présente ce jour dans cette salle. La prison, ce n'est pas mon milieu."

La question de l'alcoolisme se pose

"Enfin, vous avez été jugé trois fois quand même", relève le président, moue dubitative sur le visage face à ces promesses. Le prévenu a beau évoquer son "gros mental" et "sa volonté phénoménale de [s'en] sortir", grâce à la course à pied qu'il poursuit de manière extensive, la cour n'est pas convaincue, notamment vis-à-vis de sa consommation d'alcool. "À chaque fois, que vous avez commis une infraction, vous aviez bu. Cette fois, c'était deux bières", note l'assesseur. "Ça ne se reproduira pas", ne peut que jurer le petit homme chauve, à qui on a diagnostiqué une cirrhose il y a quelques années et qui était jusque-là abstinent. "Que vous n'avez suivi qu'à cause de votre condamnation en 2021 et l'obligation de soins", embraye la substitut du procureur.

Et Maître Lesprit, avocate de Lucie, d'enchaîner : "Quand on vous dit, 'J'ai vu la prison, je vais pas le refaire, je vous le promets', on est en droit de se questionner !" L'avocat se demande si Carlos a réellement eu cette "étincelle" qui entraînerait une véritable prise de conscience du calvaire qu'il fait subir à Lucie : "Il y a cette colère obsessionnelle, elle vit sur le qui-vive, c'est facile maintenant de dire 'Mea culpa'", gronde la robe noire. 

La substitut du procureur s'inquiète elle aussi de ces "menaces particulièrement importantes", bien qu'indirectes car pas envoyées directement à Lucie. Le ton se fait âpre : "Monsieur n'a rien compris de son passage devant la justice il y a un mois, pour des faits déjà très importants du fait de son obsession." Ainsi, elle demande la révocation du sursis de cette précédente condamnation et requiert 12 mois de prison dont 8 de sursis probatoire, avec maintien en détention, pour "prendre acte de la dangerosité" de Carlos.

Le SMS, un exutoire plus qu'une vraie menace

En défense, Maître Chapelas tient à recentrer les débats, car "on ne condamne pas sur du contexte". Elle aussi entre dans le débat juridique des menaces indirectes, car "il faut que l'auteur du message ait conscience que le message sera rapporté, et c'est là que le bât blesse", argue-t-elle. Or, l'ami policier et Lucie ne se connaissent pas, empêchant sa transmission.

Ce SMS, veut-elle croire, c'est plutôt "un exutoire pour cette relation dont il n'a pas fait le deuil et il se confie à son ami" ; et puis, pourquoi se confier à un policier s'il veut commettre un crime ? Plaidant la relaxe, l'avocate poursuit tout de même : "Si vous en veniez à le condamner, c'est un homme inséré, qui a un travail et a envie de se soigner, pensez à une détention sous bracelet électronique."

Une plaidoirie entendue par la cour, qui déclare Carlos coupable, mais ramène la peine à dix mois de prison dont quatre de sursis probatoire, et la partie ferme sous bracelet. Il devra en outre se soigner, travailler et suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales. La peine vient avec un dernier avertissement : "En un mois, vous avez comparu deux fois. Maintenant, il faut que vous compreniez qu'on ne veut plus entendre parler de vous."

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