Un squatteur a obtenu gain de cause en justice contre le propriétaire de son immeuble insalubre, qui avait entrepris la démolition du toit alors qu'il dormait à l'intérieur. Le tribunal a condamné le propriétaire pour...
Un squatteur a obtenu gain de cause en justice contre le propriétaire de son immeuble insalubre, qui avait entrepris la démolition du toit alors qu'il dormait à l'intérieur. Le tribunal a condamné le propriétaire pour harcèlement, lui ordonnant de verser 2 000 livres à Saia pour avoir coupé son eau.
Réveillé à 9 heures du matin par des débris tombant de son plafond, un Londonien a obtenu gain de cause devant la justice : le propriétaire du bâtiment, qui avait lancé la démolition du toit en sachant que l'homme dormait à l'intérieur, devra l'indemniser pour harcèlement.
L'occupant, Nicola Saia, vivait dans un immeuble déclaré insalubre, où il résidait auparavant en toute légalité, avec l'autorisation du propriétaire, en échange de l'entretien du bâtiment, rapporte The Independent. Mais une fois l'édifice déclaré impropre à l'habitation, le propriétaire l'a averti qu'il devrait quitter les lieux en raison du risque d'effondrement, en vain.
Le 18 juillet 2023, à 9 heures tapantes, Nicola est réveillé par des coups sourds. Dans le salon, il découvre des débris qui tombent du plafond : une équipe envoyée par le propriétaire s'attaque au toit. Des percées ont été faites dans le salon, la salle de bains et l'une des chambres. Une intervention que le propriétaire avait annoncée à l'occupant deux semaines auparavant, par message.
Il a ainsi décidé de poursuivre le propriétaire et sa société immobilière pour harcèlement et expulsion illégale, réclamant jusqu'à 60 000 livres (environ 69 000 euros), l'incident lui ayant causé, selon lui, stress, anxiété et troubles psychologiques.
Devant le tribunal, le propriétaire a nié toute malveillance, soutenant que l'homme n'était pas son locataire. Un argument qui n'a pas convaincu le juge : si l'occupant se trouvait bien illégalement dans les lieux, cela n'autorisait pas le propriétaire à l'expulser par tous les moyens. Retirer le toit d'un bâtiment en sachant qu'une personne s'y trouve constitue un acte "inacceptable et oppressif", a-t-il estimé, relevant que le propriétaire disposait d'autres solutions légales pour récupérer son bien, comme saisir la justice.
Le tribunal a également constaté que le propriétaire avait harcelé l'homme en coupant brièvement son alimentation en eau, et l'a condamné à verser 2 000 livres (environ 2 300 euros) à l'occupant à ce titre. En revanche, les autres griefs, dont la coupure du wifi, ont été rejetés.