Le congrès des maires des Pyrénées-Orientales s’est tenu à Céret ce samedi 24 octobre, réunissant élus et autorités locales. L’occasion de mettre en lumière les nombreux défis auxquels sont confrontées les communes.
Le congrès des maires des Pyrénées-Orientales s’est tenu à Céret ce samedi 24 octobre, réunissant élus et autorités locales. L’occasion de mettre en lumière les nombreux défis auxquels sont confrontées les communes.
Le 68e Congrès des Maires, des adjoints et de l’Intercommunalité des Pyrénées-Orientales, a eu lieu ce samedi 24 octobre à Céret. Il a réuni des édiles du département, dont Edmond Jorda, maire de Sainte-Marie-la-Mer et président de l’Association des maires de France, ainsi que Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, et les représentants de la Région et du Département.
Des communes contraintes "d’augmenter la fiscalité et de baisser le niveau de service à la population"Parmi les préoccupations abordées figurait le projet de loi de finances. Edmond Jorda alertait sur ces conséquences pour les collectivités : "Concrètement, 29 millions d’euros vont manquer à l’économie de notre département", déplorait-il. Selon lui, cette baisse des ressources risque de compromettre les engagements pris durant les élections municipales : "Nous ne pourrons pas réaliser les programmes pour lesquels nous avons été élus". Les communes pourraient être contraintes "d’augmenter la fiscalité et de baisser le niveau de service à la population".
Le 68e Congrès des Maires, des adjoints et de l’Intercommunalité des Pyrénées-Orientales, a eu lieu à Céret.
E.L.
La gestion de la ressource en eau restait également une préoccupation majeure pour les Pyrénées-Orientales, où les communes doivent composer avec les restrictions liées à la disponibilité de l’eau tout en poursuivant leurs projets d’aménagement. À ces difficultés s’ajoutent les risques d’incendie. Edmond Jorda insistait notamment sur les besoins en matière "d’entretien des forêts et des berges", dont le manque constitue "manifestement un danger pour la sécurité des populations".
De son côté, le préfet revenait sur la gravité de la saison des incendies dans le département. Il a évoqué le feu de Trévillach en juillet dernier, "qui a parcouru près de 5 000 hectares et entraîné l’évacuation de 12 000 personnes dans 27 communes". D’ici au début de 2027, il annonçait qu’il aura consacré "un million d’euros d’aides spécifiques sur les communes qui ont été directement touchées par les flammes".
Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, était présent au congrès.
E.L.
Le sujet de la cabanisation était aussi abordé par ce dernier. Selon lui, il continue même de progresser : "Plus on en démolit, plus il s’en construit par ailleurs". Il évoquait donc le renforcement des moyens humains de la Direction départementale des territoires et de la mer, ainsi que le rôle des maires, des agents techniques et des polices municipales dans le repérage des infractions.
Enfin, il était question de mettre en place une simplification des procédures administratives pour certains projets stratégiques, en expérimentant "la méthode Notre-Dame dans le département". Elle pourrait s’appliquer "pour un panel de projets dont l’intérêt dépasse la dimension communale et dont l’aboutissement revient à un caractère stratégique", précisait Edmond Jorda.
Le congrès des maires s’est déroulé dans un contexte particulier. "À l’heure où je vous parle, toutes les forces de police et de gendarmerie du département sont en action à Perpignan et autour", a commencé le préfet. Face aux manifestations et aux débordements, il a tenu à rappeler que les élus locaux étaient eux-mêmes exposés aux tensions : "Je n’oublie pas que la sécurité, c’est aussi votre propre sécurité", a-t-il souligné, évoquant une société "de plus en plus dure", dans laquelle les maires peuvent être victimes d’incivilités, voire d’attaques.
Ce manque de sécurité s’est aussi ressenti avec la montée du narcotrafic. Pierre Regnault de la Mothe a fait part de sa "préoccupation sur l’explosion de ce phénomène". Il a assuré que la lutte contre les stupéfiants resterait une priorité dans les mois à venir, avec une mobilisation accrue des forces de l’ordre. "Je sais qu’il y a parmi vous beaucoup de maires de communes rurales et de communes de montagne qui se disent, mais moi aussi, chez moi c’est un problème".