À l’approche du vote du budget 2027, les maires d'Agen, d’Auch et de Mont-de-Marsan, réunis dans le Gers ce vendredi 23 octobre, alertent sur les conséquences de coupes drastiques imposées aux collectivités. Tous...
l'essentiel À l’approche du vote du budget 2027, les maires d'Agen, d’Auch et de Mont-de-Marsan, réunis dans le Gers ce vendredi 23 octobre, alertent sur les conséquences de coupes drastiques imposées aux collectivités. Tous trois élus en mars dernier, sous une étiquette divers gauche, ils réclament dans une tribune commune des moyens pour préserver les services publics et adapter leurs équipements, écoles en tête, au changement climatique.
Alors que les collectivités locales pourraient devoir supporter un effort budgétaire de plus de 5 milliards d’euros, voire "7,5 milliards selon les associations d’élus", dans le cadre du budget 2027, les maires d’Agen, d’Auch et de Mont-de-Marsan signent une tribune commune à destination du gouvernement.
Réunis à Auch ce vendredi 23 octobre, ces trois maires de centre gauche, fraîchement élus, y dénoncent une nouvelle ponction qui menace leur capacité à investir et à répondre aux besoins des habitants de leurs territoires. Camille Bonne (Auch, 44 ans, PS), Frédéric Dutin (Mont-de-Marsan, 57 ans, PS) et Laurent Bruneau (Agen, 48 ans, non encarté) veulent peser dans le débat actuel autour du budget 2027.
"Nous comprenons la nécessité de redresser les comptes publics. Chacun doit y prendre sa part. Mais cet effort ne peut se résumer à un choix comptable simpliste qui hypothèque l’avenir", écrivent-ils. Les élus refusent que les communes, qu’ils décrivent comme les "premiers guichets républicains et piliers des services publics de proximité", deviennent "les variables d’ajustement des déséquilibres nationaux".
Les villes moyennes en première ligneLes trois signataires insistent sur les difficultés spécifiques des villes moyennes, qui ne disposent pas des mêmes ressources que les grandes métropoles. "Nous, nous ne sommes ni Toulouse, ni Bordeaux, nous ne sommes pas des métropoles", rappellent-ils, soulignant leur rôle de pôles essentiels entre les villes et les campagnes.
"Ce n’est pas en coupant dans les dotations aux collectivités locales les plus fragiles que l’on rendra service aux Françaises et aux Français. Ce n’est pas en rognant sur les aides aux villes moyennes que l’on redressera les comptes de la Nation", affirment-ils dans leur texte, dénonçant "cette politique de la courte vue".
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Alors que les mairies sont conduites à pallier le manquement de l'État en matière de sécurité ou d'accès aux soins notamment, Laurent Bruneau insiste notamment sur l'impossibilité d'augmenter la fiscalité locale, "déjà haute à Agen, où seuls 30 % des foyers sont assujettis à la taxe foncière, comme dans les autres villes moyennes".
Il est rejoint par Camille Bonne (Auch) qui souligne "l'obligation faite aux collectivités de sortir un budget à l'équilibre, ce qui n'est pas le cas de l'État".
"Nous sommes confrontés aux mêmes problématiques, essayons de les résoudre ensemble", résumait ce vendredi le trio d'élus.
DDM SEBASTIEN LAPEYRERE
Tous trois refusent de paralyser les investissements et d'opérer des coupes drastiques dans leurs budgets de fonctionnement "qui provoqueraient une dégradation des services publics".
L’urgence climatique au cœur des préoccupationsAprès une fin de printemps caniculaire, les nouveaux maires mettent aussi en avant les conséquences des restrictions budgétaires sur l’adaptation au changement climatique. "L’été 2026 nous l’a rappelé : l’urgence climatique est là. Nous, maires de villes moyennes du Sud-Ouest, avons le devoir d’anticiper et d’agir", écrivent-ils.
La rénovation des écoles et l’isolation des bâtiments publics, si elle permet de protéger la santé, de réduire les factures énergétiques et de soutenir les entreprises locales, a un coût très élevé... mais moins important que l'inaction pour les élus gascons : "Selon une étude de l’ADEME, 1 euro investi aujourd’hui dans la lutte contre le réchauffement climatique, c’est 8 euros qu’on évitera de dépenser demain en cas de crise".
Les signataires appellent donc le gouvernement et les parlementaires à "sanctuariser les crédits d’investissement dédiés à l’adaptation au changement climatique". Ils demandent également de renforcer et de simplifier les dispositifs de soutien, comme le Fonds vert.
À suivre..."Ce ne sera pas un "one-shot", annonce le Montois Frédéric Dutin, en prélude à de nouveaux rendez-vous, dans les trois départements, en mairie mais aussi sur des sites exemplaires en termes d'innovation, sociale, économique et/ou environnementale.
La réunion du jour en mairie d'Auch doit être suivie d'autres rencontres et de partages d'informations sur des projets novateurs (accès aux soins, équipements publics, sécurité....).
DDM SEBASTIEN LAPEYRERE
Le cercle d'élus, tout en gardant un accent du Sud-Ouest, devrait s'élargir : le nouveau maire de Pau a déjà été sollicité, Cahors devrait suivre... Et il pourrait aussi s'étendre à d'autres sensibilités politiques, hors extrêmes. "En pays gascon, nous ne sommes pas sectaires et nous accepterons évidemment que d'autres viennent nous rejoindre", assure le Landais, avant de finir sur un clin d'œil non pas aux "Trois Mousquetaires" de Dumas mais aux "trois terroirs de l'armagnac" réunis à Auch autour de la table en ce vendredi automnal.