Le conseil d'Agen Agglo se penchera jeudi 8 octobre sur la démutualisation d'une partie des services administratifs, votée par le conseil municipal d'Agen le 28 septembre. Le maire agenais Laurent Bruneau souhaite...
Le conseil d'Agen Agglo se penchera jeudi 8 octobre sur la démutualisation d'une partie des services administratifs, votée par le conseil municipal d'Agen le 28 septembre. Le maire agenais Laurent Bruneau souhaite récupérer 375 agents pour pouvoir notamment exercer son autorité hiérarchique. Olivier Grima, le président de l'agglomération, ne veut pas s'éparpiller dans des considérations politiques et se concentre sur le fonctionnement de sa collectivité.
"Je prends acte de la décision de la ville d'Agen", déclare Olivier Grima en évitant de faire le moindre commentaire. Alors que l'examen des modalités d’évolution du pacte d’administration commune (comprendre : la démutualisation) est à l'ordre du jour du conseil d'Agen Agglo du jeudi 8 octobre, le président prend de la hauteur sur ce dossier aussi technique que politique. "Je ne rentre pas dans le récent débat du conseil municipal de la ville d'Agen, prévient-il. Pas plus que je ne rentrerai dans le débat de n'importe quelle commune de l'agglomération."
Le 28 septembre dernier, au conseil municipal agenais, les élus ont voté à la majorité une démutualisation que, cinq jours plus tôt en conférence de presse, Laurent Bruneau avait présentée comme une "défusion" des services administratifs de la ville et de l'Agglo. En 2015, sous l'ère Jean Dionis, les services des deux collectivités sont soudés par un pacte d'administration commune.
"Un mariage avec un régime matrimonial particulier puisqu'il a été convenu que les agents de la ville d'Agen deviennent des agents de l'agglo", image Laurent Bruneau. Élu maire, mais pas président de la communauté de communes contrairement à son prédécesseur, il estime ne pas pouvoir exercer pleinement une autorité hiérarchique sur ses agents.
Un équilibre fragile ?Le système fonctionne actuellement car le président de l'Agglo délègue une partie de ses pouvoirs à Laurent Bruneau en tant que vice-président de la collectivité. Malgré de bonnes relations avec Olivier Grima, l'Agenais considère cet équilibre comme fragile. Pas suffisamment robuste pour résister à une crise. Friable. Et donc pas viable à l'avenir. "Oui, reconnaît Olivier Grima, on ne sait pas de quoi demain sera fait, mais le pacte est là. Depuis son vote en 2013 il y a des choses qu'on ne pourrait certainement pas faire de la même manière, mais c'est un pacte d'union."
Pour détricoter ce mécanisme, un travail a été engagé avec le cabinet de conseil Sémaphores, épaulé par des avocats. Différents scénarios ont été élaborés. Laurent Bruneau a opté pour celui permettant de récupérer les services exclusifs de la ville, soit 375 agents.
"C'est un caprice"Devant le conseil municipal agenais, il avait annoncé faire de la pédagogie sur ce dossier. Il n'a toutefois pas manqué de faire porter le chapeau à l'opposition. "Pour la présidence de l'Agglo, la droite agenaise a décidé de voter contre les élus de la ville d'Agen par vengeance, par rancœur, par dépit et nous nous sommes retrouvés dans une situation de blocage."
"La pédagogie est inondée d'idéologie, comme d'habitude à gauche", a ironisé la conseillère municipale RN Pia Landrin. L'autre opposition, celle menée par Clémence Brandolin Robert, ne s'est pas privée non plus d'émettre des critiques. "C'est un caprice" (Louis Tandonnet). "C'est du flou artistique" (Claire Rives). "Lors du vote du président de l'Agglo, des maires de votre sensibilité ne vous ont pas suivi parce que votre projet ne les a pas rassurés, a rétorqué Mohamed Fellah. Alors ne faites pas porter ça sur l'opposition".
Quelle sera la teneur du débat de jeudi à l'Agglo d'Agen ? Difficile de le savoir, mais Olivier Grima espère caler assez rapidement cette nouvelle organisation. "A priori, elle ne devrait pas avoir un impact important pour l'agglomération, mais je serai évidemment vigilant".