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Megan Kamalei Kakimoto : “L’écriture me permet de me libérer, de me déchaîner”

Дата публикации: 21-10-2026 13:57:12

Les nouvelles voix de la littérature américaine 3/4 – Megan Kamalei Kakimoto
Pour ce troisième épisode de notre série sur les nouvelles voix de la littérature américaine, nous avons choisi Megan Kamalei Kakimoto, née à Hawaï. Son premier recueil de nouvelles, “Chaque goutte est un cauchemar pour l’homme”, hybride l’horreur, le fantastique et les mythes de son île.

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Les nouvelles voix de la littérature américaine 3/4 – Megan Kamalei Kakimoto

Pour ce troisième épisode de notre série sur les nouvelles voix de la littérature américaine, nous avons choisi Megan Kamalei Kakimoto, née à Hawaï. Son premier recueil de nouvelles, “Chaque goutte est un cauchemar pour l’homme”, hybride l’horreur, le fantastique et les mythes de son île.

“Ne dors pas avec les pieds près de la porte !”, “Ne tue pas le papillon de nuit !”… Le premier recueil de nouvelles de Megan Kamalei Kakimoto, 33 ans, s’ouvre sur une liste de superstitions. Chacune de ses histoires est imprégnée des mythes et récits hawaïens qui ont bercé son enfance et qu’elle utilise dans un geste littéraire ultra-contemporain. Alors qu’on s’attable dans un café de Vincennes, en marge du festival America, elle nous raconte son enfance passée “à Honolulu, sur l’île d’Oahu”. “Un côté de ma famille est hawaïen, l’autre est japonais, explique-t-elle. Des deux côtés, mes grands-parents ont influencé mon éducation et la façon dont je pense à la fiction, aux histoires.”

Elle dresse en riant le portrait d’une enfant introvertie, “toujours en train de lire ou d’écrire”. “Les livres étaient mes amis !”, résume-t-elle. En marge de la lecture, elle écrit beaucoup de nouvelles. “Les gens ont beaucoup d’idées reçues sur Hawaï, sur la manière dont nous vivons là-bas, analyse-t-elle. Ce que j’aime avec les nouvelles, c’est qu’elles permettent de décrire différentes facettes de la vie là-bas, d’avoir une multiplicité de perspectives. C’est aussi une manière d’honorer la tradition orale du Moʻolelo, qui est le nom que l’on donne à nos mythes. Les histoires n’appartiennent pas à une personne, mais elles existent dans de nombreuses versions et interprétations. Quand Hawaï a été colonisé et que la langue anglaise a été introduite, cela a compliqué la manière dont on racontait ces histoires.” Ses nouvelles sont traversées par des éléments fantastiques inspirés du Moʻolelo, qui finissent par se fondre dans la vie de ses personnages. Il y est question aussi des ravages de la colonisation, de féminisme, du contrôle exercé sur les corps. Ses histoires frappent par leur merveilleuse bizarrerie et par la virtuosité avec laquelle Kakimoto joue avec les images et les métaphores.

Un espace pour “oser, être plus audacieuse”

L’écrivaine se décrit volontiers comme une “people pleaser”, une personne qui cherche à faire plaisir aux autres, et nous explique que la fiction lui a offert un espace pour “oser, être plus audacieuse”. Elle nous parle des colères de la déesse Pélé, déesse du feu et des volcans, très importante dans la mythologie hawaïenne. “La rage est importante dans ses histoires, elle est source de création. De nouvelles terres émergent grâce à ses éruptions volcaniques.” Cette colère saine, créative, traverse son œuvre. “L’écriture me permet de me libérer, de me déchaîner.” L’écrivaine met un soin tout particulier à décrire la rage des adolescentes, à raconter les corps en mutation.

Quand on lui confie qu’on s’est débarrassée, en la lisant, d’une vision très exotique d’Hawaï héritée des séries et films américains, elle est ravie. “Si mes petites histoires peuvent apprendre certaines choses aux lecteur·rices, comme le fait que de nombreux endroits à Hawaï ont servi pour tester des bombes, si je peux leur montrer les violences qui ont existé et existent encore, alors je me dis qu’il faut que je continue d’écrire.” On ne pourrait pas être plus d’accord.

Chaque goutte est un cauchemar pour l’homme de Megan Kamalei Kakimoto, traduit de l’anglais par Valentine Leÿs, Éditions du Typhon, 272 p., 21 €. En librairie.

>>> Lire ou relire le premier épisode : Madeline Cash : “J’avais envie de réfléchir à ce que devient le rêve américain une fois qu’on l’a réalisé”

>>> Lire ou relire le premier épisode : Addie E. Citchens : “Quand les data centers nous crameront tous, je serai toujours en train de twerker !”

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