En France, un salarié sur deux souffrirait de détresse psychologique ou de burn-out. Un constat accablant dans un pays où le travail est sacralisé mais qui s’accommode de la brutalité qui règne dans certaines entreprises.
En France, un salarié sur deux souffrirait de détresse psychologique ou de burn-out. Un constat accablant dans un pays où le travail est sacralisé mais qui s’accommode de la brutalité qui règne dans certaines entreprises.
Publié le 22 octobre 2026
C’est un salarié qui se rend à chaque entretien d’évaluation avec des lunettes de soleil sur le nez, pour cacher la lueur d’angoisse qui danse dans ses yeux. Une autre qui appelle son manager pour le supplier de lui donner du travail, alors qu’on l’a placardisée chez elle. Un autre encore qui se morfond dans son bureau, sans possibilité de communiquer avec ses collègues parce qu’on l’a mis à l’isolement.
Ces histoires d’une violence trop ordinaire racontées par des salariés ayant réclamé l’anonymat brossent un tableau accablant du management à la française, dans un pays qui a sanctifié le travail plus qu’aucune autre activité, mais qui ne sait toujours pas donner à ses travailleurs la reconnaissance qu’ils réclament.
Un tiers des salariés en risque de burn-outRien de neuf sous le soleil : dans un régime capitaliste, le boulot esquinte les salariés autant qu’il les structure, et les enchaîne autant qu’il les valorise. Mais, à ce jeu-là, notre pays fait sans doute pire qu’ailleurs. D’après la dernière enquête du cabinet Empreinte humaine, un salarié sur deux présenterait des signes de détresse psychologique et un tiers se disent en risque de burn-out (épuisement professionnel).
Dès 2018, le psychologue néerlandais Wilmar Schaufeli analysait les résultats d’une vaste enquête réalisée auprès de 3 675 travailleurs dans 35 pays. Verdict ? La France apparaissait à la troisième place des « pires » pays européens en matière de burn-out, après le Luxembourg et la Slovénie. D’autres classements se sont succédé, pour dire à peu près la même chose.
Et si le management jouait un rôle ? Un rapport de l’inspection générale des...