Contrairement aux carburants d’origine pétrolière, le bioGNV, un biogaz obtenu à partir de la méthanisation de déchets organiques, est assez respectueux de l'environnement. Le Lot-et-Garonne se positionne petit à...
Contrairement aux carburants d’origine pétrolière, le bioGNV, un biogaz obtenu à partir de la méthanisation de déchets organiques, est assez respectueux de l'environnement. Le Lot-et-Garonne se positionne petit à petit comme un leader français de la production de ce bioGNV, et encourage le secteur privé comme le public à actionner sa transition vers les énergies renouvelables. À Colayrac-Saint-Cirq, le transporteur routier Béade a décidé de suivre la marche en passant au biogaz pour trois de ses poids lourds.
"Ce n’est plus une expérimentation", déclare Guillaume Lepers, président d’Avergies. Cette entreprise publique qui produit des énergies renouvelables en Lot-et-Garonne s’est associée à différentes collectivités, dont l’agglomération d’Agen, pour offrir aux entreprises locales la possibilité de se fournir en bioGNV, "technologie d’avenir" selon Avergies. Aujourd’hui, deux stations dans le département permettent d’alimenter les véhicules en biogaz. La société de transport routier Béade, située à Colayrac-Saint-Cirq, a récemment sauté le pas en se dotant de trois poids lourds conçus pour rouler au bioGNV. C’est à Boé, dans la station GNV implantée à côté du marché aux bestiaux, que la collaboration entre Avergies, l’agglomération d’Agen et le groupe Sarrion dont fait partie les transports Béade s’est officialisée.
Rouler en mix énergétiquePour Sarah Sarrion, présidente du groupe Sarrion, la transition vers le biogaz est essentielle. "Nous avons toujours été convaincus de notre responsabilité dans le changement énergétique". Alors que sa société de transport fonctionnait à l’origine uniquement au diesel, elle s’oriente maintenant vers un mix énergétique dont fait partie le bioGNV, carburant particulièrement adapté aux poids lourds. Une initiative soutenue par Avergies et son président Guillaume Lepers qui propose d'arrêter collectivement "d'opposer les énergies".
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Selon le président de l’Agglomération d’Agen Olivier Grima, cet effort de transition écologique constitue à la fois un bienfait pour l’environnement mais aussi un levier de développement économique du Lot-et-Garonne. "Les entreprises du territoire ont besoin d’une énergie disponible, compétitive et adaptée à leurs usages. La station GNV participe directement à cette mission", explique-t-il. "La collectivité crée les conditions nécessaires et les entreprises s’en saisissent".
Une source d’énergie qui manque de reconnaissancePour Guillaume Lepers, le bioGNV est aujourd’hui une source d’énergie "solide" dans le département, mais qui n’est pas encore suffisamment exploitée. "On a le potentiel de produire 135 % de biogaz, ce qui signifie qu’on peut même en exporter", explique-t-il. Selon lui, le bioGNV, ce carburant produit à partir de la méthanisation de déchets organiques, est une technique maîtrisée et adaptée aux milieux ruraux. En effet, il peut être obtenu à partir d’ordures ménagères mais aussi de produits agricoles ou de résidus de l’industrie agroalimentaire. Pourtant, cette méthode manque de reconnaissance au niveau national. "À l’Assemblée nationale, on a besoin d’expliquer qu’on maîtrise le multi-énergies", déplore Guillaume Lepers. "Les gens ne comprennent pas le potentiel du biogaz dans les territoires ruraux".
À présent, le président d'Avergies espère que les lois sur le biogaz et la méthanisation resteront suffisamment stables pour permettre aux entreprises et aux collectivités d'exploiter cette source d'énergie. "En France, quand on découvre une pépite et qu’on voit qu’elle fonctionne, on a toujours tendance à changer les règles".