Le vétéran Ton Koopman invité de l’OPRL. ...
Il est normal et fréquent qu'un orchestre symphonique fasse appel à des chefs invités, mais celui que l'OPRL a recruté cette semaine n'est pas tout à fait comme les autres : c'est un géant ! Non tellement par la taille, plutôt modeste : avec sa barbe blanche bien taillée et ses yeux pétillants, il a l'allure d'un faune, ou d'un farfadet. Mais par son parcours…
Ton Koopman fêtait ses 82 ans ce vendredi, dont 75 de vie musicale : il a commencé à sept ans dans sa ville natale de Zwolle, au Nord des Pays-Bas, fasciné par l'orgue de l'église locale et montrant suffisamment de prédestinations pour que, gamin, on lui laisse animer certaines messes ou tenir la basse continue dans un ensemble local de bons amateurs. Formé auprès du grand Gustav Leonhardt, il a rapidement fondé son propre ensemble – l'Amsterdam Baroque Orchestra – devenant un des "baroqueux" les plus en vue de la fin du XXe siècle, tant comme chef que comme organiste.
Trois quarts de siècle après ses débuts, alors qu'il répétait cette semaine à Liège pour deux concerts avec le Philharmonique, il s'astreignait encore chaque jour à trois heures d'exercice sur un orgue local en vue d'un disque qu'il prépare. On en recense déjà quelque 500 qu'il a enregistrés, et notamment des intégrales des cantates d'église de Bach ou des œuvres pour orgue de Bach et de Buxtehude, mais son énergie reste intacte, dans la vie comme au pupitre. Jeudi, au Namur Concert Hall, il ouvrait la soirée avec l'ultime symphonie de Mozart, la n° 41 en do majeur – dite Jupiter.
Énergie contagieuseComme d'autres de ses collègues venus du mouvement baroque, Koopman n'a pas une gestique traditionnelle : il dirige sans baguette, avec des mouvements – voire des moulinets – des bras qui peuvent sembler parfois confus, mais qui traduisent en même temps une énergie jubilatoire. Énergie visiblement contagieuse : les musiciens de l'OPRL suivent avec enthousiasme sa façon d'exacerber les contrastes, tout en gardant une fluidité parfaite et une transparence idéale.
Même sentiment dans la deuxième symphonie de Beethoven, un opus 36 sobre, net et efficace, qui ne gomme pas les audaces de la musique mais ne les force pas, avançant sans effets ostentatoires mais aussi sans relâchements. Et on se souvient que, pour un chef, les gestes pendant le concert ne sont que la partie visible de l'iceberg. Et sous le niveau de l'eau, il y a eu de précieuses répétitions, nourries d'une conception précise des œuvres et d'un sens du dialogue.
Même programme samedi 3 à 20h, Salle philharmonique de Liège ; www.oprl.be
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