Succès populaire, outsiders victorieux, candidats fragilisés : ce documentaire raconte vingt ans d’une expérience politique aux résultats contrastés. Ce soir à 20h40 sur LCP.
« Primaires, une machine à perdre ? » de Pauline Pallier et écrit par Michèle Cotta et Patrice Duhamel (2026). EFFERVESCENCE DOC - FICTION - LCP
La primaire a mauvaise presse. Comme en atteste ce documentaire écrit par Michèle Cotta et Patrice Duhamel. Inspiré par le modèle américain, ce mode de désignation des candidats à l’élection présidentielle est d’adoption récente dans le système politique français.
Le film, très didactique, remonte aux origines de son utilisation : l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de l’élection présidentielle de 2002 et la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour. Un traumatisme pour le PS qui mise dès lors sur l’organisation d’une primaire fermée pour tenter de surmonter ses divisions et sélectionner la candidature la plus efficace.
Une primaire discréditéeEn 2006, c’est Ségolène Royal, favorite des sondages, qui l’emporte devant les éléphants roses Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. La candidate, hélas, ne bénéficie pas ensuite d’un plein soutien de ses anciens rivaux… La défaite de Ségolène Royal en 2007 ne dissuade pourtant pas le PS d’organiser sa primaire ouverte en 2011 : 2,8 millions d’électeurs participent au choix de François Hollande. Un record. « Le peuple de gauche a désigné celui qui allait les débarrasser de Nicolas Sarkozy », décrypte le sondeur Frédéric Dabi.
Ce puissant désir d’alternance aboutit à la victoire de Hollande en 2012. Une consécration ? « La primaire, c’est un combat d’hommes », constate Jean-François Copé, compétiteur du tournoi des Républicains en 2016. Cette année-là, le choix du peuple de droite s’est porté sur un outsider, François Fillon. Un candidat au programme trop radical ? Ses déboires ultérieurs s’expliquent surtout par l’affaire d’emploi fictif de son épouse qui l’éclabousse au début de l’année 2017.
Le discrédit des primaires vient ensuite : en 2022, les campagnes de Valérie Pécresse et de Yannick Jadot, tous deux choisis par ce biais, font flop. « La primaire crée plus de divisions qu’elle n’assure de rassemblement », tranche aujourd’hui François Hollande qui a passé son tour en 2016 et refuse désormais de s’y soumettre.
Dans la perspective de 2027, la seule primaire en vue est celle organisée par le PS et Place publique. Semi-ouverte, elle vise à désigner un champion social-démocrate. La primaire de la dernière chance ?
◗ Lundi 5 octobre à 20h40 sur LCP. Documentaire de Pauline Pallier (2026). 52 min. (Disponible à la demande sur le site de LCP).
Par Sylvain Courage