Des dizaines de milliers de personnes ont défilé ce samedi à Paris, pour défendre les droits LGBT+. À l’approche de la présidentielle, beaucoup disent leur inquiétude face à la montée de l’extrême droite
20 Minutes avec AFP
Publié le 03/10/2026 à 17h42 • Mis à jour le 03/10/2026 à 18h09
Drapeau arc-en-ciel en main, colliers de fleurs autour du cou… Des dizaines de milliers de personnes ont défilé ce samedi à Paris pour défendre les droits des personnes LGBT+. Dans une ambiance bon enfant, mais avec une tonalité très politique en cette année d’élection présidentielle en France, la Marche des fiertés, initialement prévue fin juin et reportée en raison de la canicule, s’est élancée de la Place d’Italie en début d’après-midi pour rejoindre la place de la Bastille où des concerts sont prévus.
Derrière des camions avec des enceintes crachant du gros son et quelques drags queen qui dansent sur scène pour mettre de l’ambiance, nombreux sont les participants à brandir des pancartes comme « Ces fachos me font chier », « Fuck RN », « + d’amour, - de Zemmour », « - de RN + de Lesbiennes.
« Notre colère doit se transformer en victoire »« Dans la lutte et maintenant dans la marche, aux urnes citoyens et citoyennes ! », a harangué avant le top départ du cortège, Alexandre Schon, coprésident de l’Inter-LGBT, qui rassemble une cinquantaine d’associations et organise la manifestation parisienne. « Notre colère doit se transformer en victoire car les discours de haine et de discrimination se multiplient envers les personnes trans, de même sexe et les travailleuses du sexe », a-t-il déclaré.
« C’est la journée de l’amour, on en a besoin en ce moment non ? », lance Lucie Dia. « Il faut arrêter de se dire différent parce qu’on n’a pas la même couleur, la même sexualité, la même religion. On veut montrer qu’on s’aime et qu’on est là. Il y a toutes les couleurs ici et c’est ça qui est beau », poursuit la trentenaire accompagnée de sa mère sexagénaire, venue elle aussi défendre « le besoin de tolérance et de solidarité ».
Maxence Rolland, 20 ans, venu avec deux amis d’enfance du même âge, participe à sa première pride « pour l’ambiance conviviale, la curiosité », en tenant une pancarte « fier comme un pan ».
« Important d’être visible »« Je suis hétéro, mais je veux les soutenir », dit à ses côtés Aurélie Féru, rejointe par Célestin Raby qui lui aussi « veut montrer que les personnes LGBT+ ne sont pas qu’entre elles » et peuvent compter sur les personnes qui « ne sont pas touchées par les discriminations ». Ce genre d’événement permet de faire évoluer les mentalités « dans le bon sens », pense Célestin, « même s’il y a des courants politiques qui essaient d’étouffer les mouvements de liberté sexuelle et progressistes ».
« C’est important d’être visible avant une période qui va être compliquée pour nous, avec l’extrême droite en France, mais aussi en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, au Portugal, avec comme point commun de s’attaquer aux personnes trans pour essentialiser les femmes », confie également Anaïs Perrin-Prevelle, présidente d’OUTrans, association de défense des personnes transgenres. « C’est important que les personnes LGBT+ soient visibles, car beaucoup sont persécutées dans le monde », partage dans le cortège Amélie Lounya, 23 ans.
Des personnalités de gauche présentesPlusieurs personnalités politiques de gauche ont été aperçues dans le carré de tête, dont le maire PS de Paris Emmanuel Grégoire, la députée de La France insoumise (LFI) Sophia Chikirou, la députée européenne Manon Aubry (LFI) et la députée écologiste Sandrine Rousseau. Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, était également présent dans le cortège.
Les marches des fiertés sont organisées localement par des associations partout en France, souvent en juin. L’an dernier, la manifestation parisienne avait rassemblé 500.000 participants selon les organisateurs, moins de 100.000 selon la police.