Selon un rapport de l'association Green IT, publié mercredi, l'empreinte de l'intelligence artificielle pourrait être multipliée par 7 dans les prochaines années, notamment sous l'effet de la construction et du fonctionnement des datacenters.
Selon un rapport de l'association Green IT, publié mercredi, l'empreinte de l'intelligence artificielle pourrait être multipliée par 7 dans les prochaines années, notamment sous l'effet de la construction et du fonctionnement des datacenters.
Radio France
Publié le 30/09/2026 16:43
Temps de lecture : 2min
Le chantier d'un data center en phase avancée de construction à Lübbenau, en Allemagne, le 12 septembre 2026. (IMAGEBROKER/JOCHEN ECKEL / NEWSCOM / MAXPPP)
L'intelligence artificielle se développe à un rythme insupportable pour la planète. C'est la conclusion, sous forme de signal d'alarme, du rapport de l'association Green IT, qui milite pour une tech raisonnable, publié mercredi 30 septembre. D'ici 2030 seulement, son empreinte sur l'environnement et la santé sera 7 fois plus lourde qu'en 2025.
Franceinfo s'est procuré ce rapport et c'est tout particulièrement l'infrastructure, avec la construction et le fonctionnement des datacenters, les centres de données qui abritent les milliers de serveurs informatiques nécessaires au fonctionnement de l'IA, qui pèse lourd.
Ces gigantesques usines informatiques, qui abritent des serveurs en batteries, sont des monstres voraces en électricité. Avec un tel développement, les impacts sont énormes sur l'environnement. Ils sont principalement liés aux modes de production de l'électricité nécessaire pour les faire tourner. La plupart des datacenters sont situés aux États-Unis et en Chine, où la production électrique utilise plus de sources carbonées qu'en Europe, par exemple. Conséquence : des émissions de gaz à effet de serre, une pollution de l'eau douce en favorisant les algues vertes en plus de l'utilisation de l'eau elle-même, l'exploitation des ressources aussi les métaux rares et le pétrole.
L'association avertit aussi sur les conséquences en matière de santé. "On retrouve aussi ce qu'on appelle les particules fines, donc l'émission de particules fines, qui, en France, toutes sources confondues, représente 40 000 morts chaque année", souligne Auban Derreumaux, l'un des auteurs du rapport de Green IT.
"L'IA, cette infrastructure, va contribuer au risque de 20 000 maladies supplémentaires, qui peuvent conduire jusqu'au décès."
Auban Derreumaux, un des auteurs du rapport de Green IT
sur franceinfo
Selon les projections du rapport de Green IT, à l'échelle mondiale, ces datacenters occupaient une surface totale de 3,5 millions de mètres carrés en 2025. En 2030, ce seront 22,5 millions de mètres carrés, soit entre 4 et 5 fois plus.
L'association se tourne d'abord vers les pouvoirs publics pour agir et limiter ces impacts. Elle leur demande de faire le nécessaire pour contenir l'avancée des géants de l'IA, qui imposent aujourd'hui leurs offres quand il n'y a pas toujours des besoins. Elle demande également de rendre obligatoires les critères écologiques dès la conception et de taxer d'un bonus-malus les industries pour valoriser celles qui font des efforts. Pour Laure Alfonsi, coauteure de l'étude, c'est possible. "Je pense de toute façon qu'on n'a pas le choix, dit-elle. Il faut construire un numérique qui soit plus durable, que ce soit d'un point de vue environnemental ou pour construire une société qui soit souhaitable pour chacun d'entre nous."
Nous, individuellement, ou nos entreprises, nous pouvons aussi réfléchir à notre usage de l'IA. D'abord, en y renonçant quand ce n'est pas nécessaire : faut-il vraiment utiliser l'IA pour faire sa valise ou produire des statistiques sur le marché des biscuits, par exemple ? Ensuite, en choisissant des moteurs de recherche qui n'imposent pas l'utilisation d'une IA, ce qui est coûteux en termes d'utilisation de ressources. Ou encore en ayant des conversations plus courtes avec les IA.
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