Après la victoire de l'AFD aux élections régionales et la percée de la gauche radicale à Berlin, le parti du gouvernement est en déclin. Le parti d'extrême droite appelle à la démission du chancelier, celui-ci refuse.
Après la victoire de l'AFD aux élections régionales et la percée de la gauche radicale à Berlin, le parti du gouvernement est en déclin. Le parti d'extrême droite appelle à la démission du chancelier, celui-ci refuse.
Radio France
Publié le 21/09/2026 11:43 Mis à jour le 21/09/2026 14:23
Temps de lecture : 3min
Le chancelier Friedrich Merz (CDU) quitte la scène de la Maison Konrad Adenauer après avoir prononcé un discours à l'issue des élections à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie occidentale le dimanche 20 septembre 2026. (MICHAEL KAPPELER / DPA)
"Désastre." C'est le mot du chancelier conservateur Friedrich Merz, après deux nouvelles défaites cinglantes lors d'élections régionales. La première est face à l'extrême droite, qui arrive en tête pour la deuxième fois en deux semaines. Cette fois dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale, une région du nord-est de l'Allemagne. La deuxième défaite du chancelier est face à la gauche radicale, qui pourrait prendre la mairie de la capitale, à Berlin.
C'était le pire scénario pour Friedrich Merz. Il met sur le même plan ces partis, pour lui il s'agit de la victoire des deux extrêmes. Dans le Mecklembourg-Porémanie occidental, l'AFD est victorieuse, d'une courte tête, tandis que la CDU disparaît carrément faute d'avoir réuni au moins 5% des voix, seuil obligatoire pour pouvoir être représenté au parlement régional. Le parti du chancelier allemand est donc évincé du Landtag.
Un "désastre" l'a admis Friedrich Merz dimanche 20 septembre soir. C'est une première depuis l'après-guerre. Certes le parti n'était pas une force politique prédominante dans cette région du nord-est mais le signal est fort. D'ailleurs l'impopularité du chancelier est telle que certains candidats CDU ont tout fait, sur le terrain, pour faire oublier qu'ils appartenaient au parti du chancelier. Dans la métropole de Berlin, la coalition CDU-SPD le centre gauche n'est pas reconduite.
Le chancelier Merz est crédité de sondage catastrophique avec une côte d'impopularité qui frôle les 90%. Le magazine Der Spiegel titre cependant qu'il est de nouveau en mode chef en écrivant dans ses colonnes : "Chef du pays. Chef de la CDU". Il encaisse cette nouvelle percée de l'extrême droite, a une impopularité record et des réformes très critiquées mais tout cela ne lui porte pas le coup fatal espéré par l'AFD. Le parti multiplie les appels à la démission depuis son triomphe en Saxe-Anhalt. "Abandonner n'est pas une option", a redit Friedrich Merz.
L'émotion du 6 septembre a fait place à la détermination. Il compte incarner le changement dont l'Allemagne a besoin. "Les changements demandent des efforts. Mais c'est précisément pour cette raison que nous ne pouvons pas reporter ces décisions. Les réformes doivent être engagées. Bien sûr cela nous place dans une situation difficile. Mais nous assumons cette responsabilité. J'assume cette responsabilité parce que je veux faire avancer notre pays", a déclaré le chancelier.
Les réunions de crise s'enchaînent à la CDU, celle tenue dans la nuit de dimanche à lundi a été tendue rapporte la presse allemande, mais malgré les spéculations autour d'un départ de Friedrich Merz, il reste. Car une question demeure : par qui le remplacer ? Les cadres du parti conservateur redoutent une forme d'instabilité gouvernementale et estiment que cela ne va pas régler le principal problème avec des citoyens qui rejettent la politique gouvernementale.
Plusieurs voix au sein de la CDU s'élèvent pour demander une inflexion plus sociale du programme des réformes que Friedrich Merz bien que très fragilisé entend continuer de mener. Friedrich Merz explique aussi que les réformes "sont un antidote au poison autoritaire qui s'infiltre toujours plus profondément dans notre société".
Alice Weidel, la cheffe de l'AFD, s'est réjouie des "excellents résultats électoraux" de son parti et donne encore trois mois maximum à Friedrich Merz à la tête du pays. "Cela fait longtemps que nous défendons les positions d'un grand parti populaire, a-t-elle déclaré. Nous avons pris la place de la CDU et nous prenons très au sérieux le message que nous ont envoyé les électeurs."
"Notre objectif est clair : entrer au gouvernement, pas seulement en Saxe-Anhalt, mais aussi en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Si les autres partis maintiennent leur cordon sanitaire, alors cela signifie qu’on continuera avec la même politique de gauche."
Alice Weidel, cheffe de l'AFD
L'AFD jubile après ces deux victoires mais le parti reste dans l'incapacité de former un gouvernement autour de son programme car dans le Mecklembourg et en Saxe Anhalt aucun parti ne veut faire d'alliances avec l'extrême droite.
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