À 33 ans, Brian Antunes a troqué la mécanique militaire contre les aspirateurs, les chiffons et la vapeur à haut débit. Depuis bientôt quatre ans, cet ancien du 48e régiment de transmissions redonne une seconde...
À 33 ans, Brian Antunes a troqué la mécanique militaire contre les aspirateurs, les chiffons et la vapeur à haut débit. Depuis bientôt quatre ans, cet ancien du 48e régiment de transmissions redonne une seconde jeunesse aux véhicules des particuliers et des professionnels avec son entreprise, Antunes Carro Limpo, dont le nom rend hommage à ses origines portugaises.
Pas une poussière ne lui échappe. Rails des sièges, grilles d’aération, tapis, moquettes et petits recoins oubliés : dans son atelier agenais, chaque centimètre carré est passé au crible. Le résultat revendiqué est simple : « Quand le véhicule ressort, il doit être comme s’il sortait de concession. »
« On est vraiment dans le nettoyage, mais un nettoyage assez poussé », précise Brian Antunes. Intérieur, extérieur, lustrage de la carrosserie ou rénovation des phares : la remise en état se veut complète. Cette exigence trouve ses racines dans une passion ancienne. « Depuis tout petit, j’ai toujours aimé les voitures. Je nettoyais déjà celles de mes parents. J’ai toujours kiffé faire ça », sourit l’entrepreneur. Une passion indispensable pour tenir le rythme d’un métier physique, surtout lorsque la température grimpe dans l’atelier.
Onze années sous l’uniformeAvant de créer son entreprise, Brian Antunes a passé onze années dans l’armée. Son engagement s’est décidé à seulement quelques semaines du baccalauréat. Il avait déjà entamé les démarches pour rejoindre les rangs militaires, mais pensait devoir attendre la fin des examens. « Le recruteur m’a appelé un mois avant le bac et m’a dit qu’une place était disponible immédiatement. J’ai répondu : “OK, j’arrive.” »
Il quitte son Nord natal. Direction le 48e régiment de transmissions d’Agen, où il devient mécanicien. Les véhicules, toujours. Pendant onze ans, il se forge une méthode, une discipline et un goût du travail bien fait qu’il applique aujourd’hui à son activité.
Lorsqu’il s’installe dans son local, en janvier, renouer avec son ancien régiment apparaît comme une évidence. Un partenariat est rapidement conclu et les militaires bénéficient désormais d’une réduction de 20 % sur les prestations. « Cela a coulé de source de continuer à travailler avec eux et de proposer des tarifs à mes anciens frères d’armes. »
Une clientèle fidèle, notamment lors des retours de mission. Après quatre mois d’absence, certains apprécient de retrouver leur voiture entièrement nettoyée. Mais les militaires ne sont pas les seuls à pousser la porte. L’entreprise accueille aussi des personnes âgées qui ne peuvent plus entretenir seules leur véhicule et de nombreux automobilistes préparant une vente.
« Faire nettoyer la voiture permet de lui donner une plus-value et de la présenter dans le meilleur état possible », explique Brian Antunes. Les tarifs démarrent à 45 euros pour l’intérieur d’une petite citadine, sans option. Pour un véhicule plus imposant ou une prestation approfondie, la facture peut atteindre 100 à 150 euros.
Jusqu’à 88 % d’eau économiséePour se développer, l’entrepreneur a misé sur la vapeur à haut débit. L’entreprise vient d’investir dans une machine permettant de traiter l’habitacle, la carrosserie, les sièges et les tapis.
Cette technologie évite l’installation d’une aire de lavage classique, nécessaire avec un nettoyeur haute pression pour récupérer et traiter les eaux chargées de résidus, notamment d’hydrocarbures. « Grâce à la vapeur, il n’y a pas de renouvellement permanent de l’eau. Nous économisons environ 88 % d’eau », avance-t-il. Un argument écologique et économique.
L’entreprise compte aujourd’hui trois salariés, auxquels s’ajoute son fondateur. Son épouse lui prête également main-forte sur la partie administrative et la facturation. Une aventure familiale jusque dans son nom : « Carro limpo » signifie « voiture propre » en portugais. Une manière pour Brian Antunes d’afficher son métier tout en rendant hommage à ses racines.
L’histoire a commencé en démarchant les garages un à un. Le premier contrat en a entraîné d’autres, permettant au dirigeant de recruter et de former ses préparateurs selon ses méthodes. Trois d’entre eux interviennent désormais dans les garages professionnels du secteur agenais, tandis que l’activité a déjà conduit l’équipe jusqu’à Marmande.
Originaire de Fourmies, l’ancien militaire a trouvé à Agen le terrain de sa seconde vie. De la mécanique du régiment à la vapeur de son atelier, le décor a changé. Pas la ligne de conduite : précision, efficacité et aucun recoin abandonné.