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"L’espoir, par les temps qui courent, c’est ce qu’il faut, non ?" : Angélique Kidjo en clôture des Internationales de la guitare à Montpellier

Дата публикации: 09-10-2026 09:02:03

Immense star planétaire, Angélique Kidjo est en concert ce dimanche 11 octobre à Montpellier, à l’Opéra-Comédie, en clôture de la 31e édition des Internationales de la guitare. La chanteuse franco-béninoise défendra...

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Immense star planétaire, Angélique Kidjo est en concert ce dimanche 11 octobre à Montpellier, à l’Opéra-Comédie, en clôture de la 31e édition des Internationales de la guitare. La chanteuse franco-béninoise défendra son 18e album studio, un disque-monde, créole, joyeux et moderne, au titre parfait "HOPE !!".

L’album qui nous vaut le plaisir de vous applaudir à Montpellier s’intitule "HOPE !!", espoir ; quel titre !

Mais par les temps qui courent, c’est ce qu’il faut, non ? ! C’est une arme que nous avons, l’espoir, nous sommes nés avec, nous sommes même nés grâce à lui ! On mésestime la force que cela nous donne. C’est l’espoir qui nous permet d’envisager une vie meilleure que celle qu’on veut nous imposer, qui nous aide à lutter contre la haine sans y perdre notre santé mentale. "Espoir" était le mot magique de ma maman et cet album, je l’ai fait pour lui rendre hommage !

C’est la disparition de votre mère qui a été le déclencheur de cet album ?

Ma maman est partie en juillet 2021… et je n’aurais jamais cru qu’elle partirait si vite. Je lui avais parlé quelques jours plus tôt, elle m’avait demandé "Quand viens-tu me voir, que je te mette un peu de la peau sur les os ?" Je lui avais répondu que je mangeais bien. "Oui, mais ce n’est pas de la nourriture cuisinée par ta maman !" "D’accord, maman, mais tu cuisines des quantités pas possibles, je ne peux pas passer tout mon temps à bouffer !" (rires)

On avait bien rigolé… Elle m’avait aussi dit qu’elle voulait nous donner encore dix ans, à nous ses enfants, cela faisait jusqu’à 105 ans, alors j’avais applaudi des deux mains. Hélas elle a eu une rupture d’anévrisme, et c’était terminé… Elle m’avait forcé à lui faire la promesse de chanter Malaika, sa chanson préférée, à son enterrement mais je n’ai pas pu, c’était trop dur, terrible… C’est pour ça que je l’ai mise dans cet album. J’ai mis cinq ans à le faire, ce disque…

Vous avez pris votre temps mais ainsi ce n’est pas le chagrin mais l’espoir que vous partagez…

Ma maman n’est plus là pour me trouver la solution quand j’ai un problème, pour me raconter une blague, me chanter une chanson… Mais elle nous a transmis, à nous ses dix enfants qu’elle a élevés seule, sa force d’espoir, sa résilience, son envie de toujours aller de l’avant. Comme elle disait "Le passé sera toujours là et on ne connaît pas le futur, alors il faut vivre dans le présent". C’est cette philosophie de vie – vivre chaque moment comme si c’était le dernier et faire quelque chose de positif – que j’ai envie de transmettre.

"C’est un privilège que de pouvoir monter sur scène alors il faut avoir la niaque !"

Rien ne semble forcé sur cet enregistrement qui coule de source, en dépit de son casting hallucinant (Pharell Williams, Nile Rodgers, Dadju, Davido, Florent Pagny, etc.).

Je dirais que c’est un album de rendez-vous. De rendez-vous pas manqués ! Il y avait des chansons qui étaient dans le pipeline pour pas mal de temps. Le morceau avec Dadju, ça faisait cinq ans qu’on travaillait dessus sans trouver le temps de se retrouver en studio pour l’enregistrer. La Nigériane Ayra Starr m’a envoyé une chanson, le Tanzanien Diamond Platnumz aussi… Pharell Williams, je l’ai rencontré au Vatican : il avait été mandaté pour faire un concert sur la place Saint-Pierre pour la paix et la fraternité.

Nous avons rencontré le pape Léon ensemble. J’avais rencontré le pape François avant ; deux papes, en peu de temps, j’y ai vu un signe de ma mère, qui priait beaucoup. Après m’avoir entendu chanter une chanson de Celia Cruz, Pharell m’a dit qu’il voulait écrire une chanson pour moi. Au final, on en a fait trois ensemble ! (rires) Les rendez-vous se sont empilés comme ça, et ça a fini par faire un album.

Un album qui aurait aussi pu s’appeler "Joie" !

Il n’y a pas d’espoir sans joie… et l’espoir vous donne de la joie, car vous êtes en train de faire quelque chose, vous n’êtes pas dans l’immobilité, ni dans le silence, ni dans la complaisance. Vous avez des perspectives, des rêves, un plan… C’est ça la joie de l’espoir. Moi, j’aime sourire, c’est un médicament. Je ne sais pas pourquoi certains font la tête tout le temps ; quand je les vois, moi, ça me constipe ! (rires)

L’autre caractéristique de ce projet (mais au fond de toute votre carrière), c’est sa variété, son ouverture, aux styles, aux générations, aux autres…

Je suis contre tout ce qui divise les gens ; ça n’apporte rien. Voyez la Seconde guerre mondiale : combien de millions de personnes ont péri pour l’idéologie de quelques fous ? Les Américains qui ont voté pour le président en place aujourd’hui, s’en mordent les doigts : quand on place au pouvoir un être instable avec un ego pas possible, qui ne fait que diviser, qui ne pense qu’à lui et à son dieu, l’argent…

On ne construit rien sur le chaos. Moi, je me fiche de l’origine, de la couleur de peau, de la langue, je m’intéresse à l’humain. Je suis issue d’une famille déjà diverse en elle-même, fon, yoruba, descendants d’esclaves, où la culture nous a ouvert les yeux sur le monde. On essaie de nous vendre un monde où nous serions différents les uns des autres, je n’y crois pas : à chaque fois que je m’ouvre à une culture, je m’y retrouve, ça ne met pas en doute mon identité, ça l’enrichit !

Et tout cela se retrouve au final sur scène !

C’est un privilège que de pouvoir monter sur scène alors il faut avoir la niaque ! Ma maman disait que pour monter sur scène, il fallait "être prêt à nu spirituellement" ; cela m’a pris des années pour comprendre ce qu’elle voulait signifier. C’est dans cette vulnérabilité, cette frayeur même, que se trouve la vérité de ce qu’on va chanter, c’est ainsi qu’on peut entrer en communion avec les gens… La règle en tournée, c’est "mange quand tu peux, dors quand tu peux". J’ai une hygiène de vie, je ne fume pas, je ne bois pas, je ne fais pas la fête après les concerts, je vais me coucher pour préserver ma voix.

Au début de ma carrière, j’ai eu des problèmes, j’étais chez mon ORL au moins une fois par moi parce qu’après mes concerts, je restais à faire des dédicaces, et parler, parler… si bien que je n’avais plus de voix à la fin ! J’ai arrêté tout ça. Par contre, quand je suis sur scène, je donne, je donne tout ! Mon ORL m’avait d’ailleurs recommandé une fois de chanter en concert à 75 % de mes capacités, je lui avais répondu : "Vous vous voyez, vous, faire votre métier de médecin à 75 % ?" Il avait rigolé. Non, sur scène, si je ne dois donner que 75 %, je n’y vais pas ! (rires)

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