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"On pensait vraiment que l'eau n'arriverait pas à la maison, on avait tort" : partie en vacances pour rendre visite à sa famille à Bangkok, cette Ariégeoise se retrouve coincée par les crues

Дата публикации: 23-10-2026 08:31:02

Isabelle Denduang Thongsomboon, restauratrice à Foix, en Ariège, a vécu une expérience marquante lors de son voyage à Bangkok en septembre dernier. En raison de fortes pluies, son quartier d'enfance a été inondé,...

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l'essentiel Isabelle Denduang Thongsomboon, restauratrice à Foix, en Ariège, a vécu une expérience marquante lors de son voyage à Bangkok en septembre dernier. En raison de fortes pluies, son quartier d'enfance a été inondé, isolant sa famille pendant six jours. Une situation qui n'a pas empêché les habitants d'aller travailler en kayak gonflable ou à pied. La Dépêche du Midi vous raconte.

Chaque année, une fois la saison touristique terminée, Isabelle Denduang Thongsomboon boucle ses valises et s’envole pour Bangkok, la capitale thaïlandaise. Installée à Foix, en Ariège, depuis 2017, où elle gère le restaurant thaïlandais Le Siam, cette femme de 50 ans profite de ces séjours pour retrouver ses racines et sa famille. "Même si je fais ma vie en France, je les retrouve toujours dans mon quartier d’enfance, Bangkapi, en périphérie de Bangkok."

Cette année, la canicule l’a toutefois poussée à modifier ses habitudes. Après les fêtes de Foix, elle a pris l’avion pour arriver en Thaïlande le 6 septembre. "D’habitude, j’arrive après la mousson, fin octobre, pour la fête des lanternes qui célèbre la fin de la saison des pluies." La restauratrice était loin de se douter que ce changement de calendrier lui ferait vivre un épisode aussi marquant. La fin du mois de septembre 2026 restera gravée dans sa mémoire.

"Six heures après, le quartier était inondé"

Tout bascule le jeudi 24 septembre. Une pluie intense s’abat sur Bangkok et ne cesse de tomber pendant plusieurs heures. Isabelle et sa mère commencent à s’inquiéter : pourront-elles se rendre le lendemain au zoo pour voir les hippopotames, dans la province de Chonburi, à une centaine de kilomètres de la capitale ? "La pluie, nous connaissons bien. Notre pays est chaud et humide mais avec une météo très changeante. Il peut pleuvoir des trombes d’eau une heure durant et faire grand soleil juste après, cela nous laisse toujours la possibilité de mener nos journées comme on le souhaite", explique-t-elle.

Rassurée par sa mère, habituée à conduire dans ces conditions, Isabelle prend finalement la route avec elle. Mais dès 8 heures du matin, le niveau de l’eau est déjà préoccupant : elle recouvre presque les roues des véhicules. Malgré tout, les automobilistes continuent de circuler. "La pluie ne s’est pas arrêtée, nous n’avons pas pu voir les hippopotames et nous avons fait demi-tour." À 18 heures, l’eau atteint désormais les plaques d’immatriculation. "Six heures après, le quartier était inondé."

Dans cette partie de Bangkok, les crues ne sont pas une nouveauté. "Historiquement, notre quartier, situé entre l’aéroport et le centre-ville, est le plus bas, et est facilement inondable. Les quartiers comme le nôtre sont sacrifiés pour que le centre-ville reste au sec", raconte la restauratrice.

Les courses les pieds dans l'eau, des kayaks pour circuler

Malgré la montée des eaux, les habitants tentent de poursuivre leur vie quotidienne. Bottes en caoutchouc aux pieds, ils continuent de se rendre au marché, de faire leurs courses et de partir travailler, parfois avec de l’eau jusqu’aux genoux.

"Nous n’avons pas vraiment le choix. En Thaïlande, ce n’est pas comme en France. Nous ne sommes pas indemnisés si nous manquons des jours de travail à cause des inondations. Nous n’avons pas tous des assurances. Ce n’est pas obligatoire et c’est très cher. Ceux qui peuvent travailler, même s’il faut marcher avec l’eau aux genoux, le font", souligne Isabelle.

Les intempéries persistent pendant quatre jours. L’eau gagne progressivement du terrain et certains habitants, privés de leurs véhicules, doivent trouver d’autres moyens de se déplacer. La solution ? Acheter des kayaks gonflables dans le magasin de sport du quartier. "Cela m’a fait beaucoup rire et je me suis rendu compte à quel point les Thaïlandais étaient résignés", confie-t-elle.

En 1983, la famille avait déjà vécu un mois d'isolement

Pour Isabelle et sa famille, cette crue n’est pourtant pas la première. En 1983, alors qu’elle n’a pas encore 7 ans, une inondation avait fait monter l’eau jusqu’au bassin des adultes. La famille était alors restée isolée pendant un mois entier.

À la suite de cet épisode, des travaux avaient été entrepris pour surélever les routes d’un mètre. Marquée par cette première catastrophe, la mère d’Isabelle avait insisté pour que la maison bénéficie d’une protection supplémentaire de 80 centimètres.

Une précaution qui s’est révélée décisive. "Nous nous disions toujours que l’eau ne pouvait pas monter jusqu’à là. On pensait vraiment que l’eau n’arriverait pas à la maison, on avait tort."

Cette fois encore, l’eau finit par atteindre la terrasse, obligeant la famille à rester confinée chez elle. Il faut attendre le cinquième jour pour que le soleil fasse son retour. Le lendemain, la terrasse est enfin sèche. "Heureusement que ma mère a été insistante, car grâce à ça nous n’avons pas eu d’eau dans la maison", se réjouit Isabelle.

Mais si la décrue s’amorce, les déplacements restent impossibles. Pour aider les habitants coupés du reste de la ville, des équipes de bénévoles s’organisent. À bord de bateaux de secours, ils acheminent des repas préparés, des bouteilles d’eau et du matériel médical à certaines familles. "Le gouvernement n’a rien fait", déplore la restauratrice, qui souligne le rôle essentiel de cette solidarité de proximité.

Malgré six jours d’isolement, elle assure ne pas avoir cédé à la peur. "Nous n’avons pas eu peur, nous étions sûrs que ça descendrait, et nous nous entraidons tous. Quoi qu’il arrive nous vivons", conclut-elle.

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