Rien ne va plus pour Madame l’ambassadrice… qui doit composer avec une présidente des États-Unis en roue libre. Cela vous rappelle quelque chose ? Pas étonnant, les scénaristes de la série Netflix ont planché pour coller au nouvel ordre international.
Rien ne va plus pour Madame l’ambassadrice… qui doit composer avec une présidente des États-Unis en roue libre. Cela vous rappelle quelque chose ? Pas étonnant, les scénaristes de la série Netflix ont planché pour coller au nouvel ordre international.
Par Marie Telling
Publié le 22 octobre 2026 à 16h00
Que faire quand on travaille pour les Affaires étrangères d’un État dont on ne respecte plus la politique ? C’est la question au cœur de la saison 4 de La Diplomate, sortie le 15 octobre sur Netflix. On y retrouve Kate Wyler (Keri Russell), ambassadrice américaine à Londres, en pleine crise morale et géopolitique causée par le virage autoritaire de la présidente des États-Unis. Mépris des conventions internationales, menaces contre des alliés, escalade nucléaire, bouleversement de l’ordre mondial… Tout y passe, si bien que le Premier ministre britannique, cible des menaces de la première puissance mondiale dans la série, remarque dans un échange avec l’ambassadrice : « La nature fondamentale de votre pays a tellement changé qu’on ne sait plus de quoi vous êtes capable. »
Toute ressemblance avec la réalité n’est pas fortuite, dans cette série créée sous l’ère Biden, qui a dû évoluer depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. « Quand on parle de gouvernance et de politique étrangère, on ne peut pas être sur une autre planète — on doit affronter les questions que les personnes qui travaillent dans ce domaine se posent tous les jours. On a atteint un point où ne pas poser ces questions semblait absurde », explique la créatrice de la série, Debora Cahn, dans une interview avec le site The Wrap.
Découvrir la note et la critique
Pour préparer cette saison, les scénaristes de La Diplomate ont donc échangé avec une trentaine d’employés gouvernementaux. « On a recueilli autant de points de vue que possible, parce qu’on veut savoir ce à quoi les gens sont confrontés. On ne veut pas reprendre les gros titres de la presse, on veut que nos personnages soient aux prises avec les mêmes déchets toxiques moraux que les gens qui travaillent tout autour du monde. »
Héroïne tirailléeCes « déchets toxiques moraux », dans La Diplomate, prennent la forme d’un chantage auprès du Premier ministre du Royaume-Uni, qui mène à sa démission, puis d’une ingérence militaire dans les eaux britanniques pour empêcher une intervention russe. Tout cela sous les ordres d’une présidente américaine qui assoit son pouvoir de manière de plus en plus brutale et unilatérale.
Kate Wyler, l’héroïne de la série, est alors déchirée entre son sens du devoir, son envie d’influencer les décisions de l’exécutif en interne et son besoin croissant de se démarquer d’un État voyou. Dévorée par sa conscience, l’ambassadrice se confie à ses collaborateurs : « Peut-être que ce ne sont plus seulement des erreurs. Peut-être que ce ne sont pas de simples incartades. Et si c’était une culture d’illégalité permanente, qui s’est infiltrée partout, à laquelle j’appartiens sans même m’en rendre compte ? »
« Si vous êtes en désaccord avec les actions de votre gouvernement, devez-vous partir ou devez-vous rester et tenter de réduire les dégâts ? s’interroge Debora Cahn auprès de The Wrap. Je ne sais pas comment je répondrais à cette question, et je pense que beaucoup de gens ne savent pas, chaque jour, quelle va être leur réponse à la fin de journée. Mais c’est la question que tout le monde se pose. »
La saison 4 de La Diplomate se conclut (attention, spoiler) sur la démission fracassante, en plein sommet du G7, de Kate, ainsi que de trois proches collaborateurs de la présidente des États-Unis. Un moment grisant et, évidemment, loin de la réalité. Dans le Hollywood Reporter, Allison Janney, qui incarne la cheffe d’État, parle de « l’assouvissement d’un désir » à travers la fiction : « Ça aurait été tellement génial de voir des républicains tenir tête à Trump et dire “non, je ne vais pas obéir”. Ça aurait été incroyable, mais ça n’a pas été le cas. Donc on en fait une réalité dans la série. » Des questionnements éthiques servis par une intrigue menée tambour battant dans les huit épisodes de cette nouvelle saison, la plus enthousiasmante depuis le lancement de La Diplomate, en 2023.
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