Au moins 3 000 commerces ont été touchés par des dégradations le 17 octobre. À Nice, Pierre Collin a lui aussi vu la boutique Micromania dont il a la responsabilité pillée, et a été blessé en tentant de défier des...
Au moins 3 000 commerces ont été touchés par des dégradations le 17 octobre. À Nice, Pierre Collin a lui aussi vu la boutique Micromania dont il a la responsabilité pillée, et a été blessé en tentant de défier des casseurs. Jeudi, il s’était confié sur son état d’esprit auprès de Midi Libre.
Faut-il encore s’inquiéter lorsqu’il n’y a "plus rien" ? Samedi 17 octobre, Pierre Collin, responsable d’une boutique Micromania, située sur l’avenue Jean-Médecin, dans le centre-ville de Nice, a tout perdu. Le commerce a été saccagé, sa marchandise pillée, et lui violenté. Les images d’un homme le frappant à coups de pied dans le dos ont tourné partout, faisant de Pierre un véritable phénomène viral sur la toile sans l’avoir voulu.
De nouveaux casseurs pourraient revenir ce samedi 24 octobre pour détruire un peu plus encore la boutique de jeux vidéo mais le Niçois, joint par Midi Libre, est formel : "S’ils enlèvent les planches de la façade [installées en attendant de réparer les vitres, ndlr], les gens vont se retrouver dans un magasin vide. Qu’est-ce que tu veux casser quelque chose qui est déjà cassé ?" Voilà qui est honnête.
Des signalements faits aux autoritésIl n’en demeure pas moins "qu’on reçoit des appels de menaces de mecs qui nous disent 'On va revenir la semaine prochaine' ou le 5 novembre", glisse-t-il. Alors "on fait des signalements" aux autorités.
Des plaques posées pour protéger le magasin après la destruction des vitrines ont été décorées de messages de soutien.
Montage Midi Libre - photos remises
Pierre a la tête ailleurs. "Là on est au magasin, on nettoie, on ramasse, on inventorie, on regarde ce qui part à la poubelle, mais le magasin est fermé. Mes journées, c’est rangement, commissariat, tribunal, rangement." Sans savoir quand est-ce que lui et son équipe pourront rouvrir. D’autres collègues, ailleurs en France, ont également été victimes d’incidents.
Des mesures ont été prises par les autorités pour éviter que les choses se reproduisent. "On verra si ça marche ou non, mais les commerçants niçois se préparent, ils dressent quasiment des barricades. Sur l’avenue Jean-Médecin, jeudi, on entendait des bruits de scie, les mecs étaient en train de mettre des planches partout".
70 000 policiers et gendarmes en France samediLes mêmes bruits de perceuse retentissent ce vendredi dans le centre-ville de Montpellier. Car si Laurent Nuñez a déclaré ce vendredi qu’il "y aura un dispositif de maintien de l’ordre extrêmement important" avec 70 000 policiers et gendarmes déployés partout sur le territoire, de nombreux commerçants sont inquiets.
À Béziers, plusieurs nous ont avoué avoir investi dans des bombes lacrymogènes et des pistolets à impulsion électrique. "Peut-être que comme ça, ils se souviendront du nom de l’enseigne pour ne plus revenir", a glissé l’un d’eux croisé dans un café.
"Nous avons mobilisé des unités spécialisées, comme le Raid, GIGN et la BRI", a aussi annoncé Beauvau. Quant aux casseurs ? Le ministre de l’Intérieur promet d’être "intraitable". "La consigne que j’ai donnée est de faire preuve de la plus grande fermeté", a-t-il déclaré ce vendredi.