Un édito de Dorian de Meeûs. ...
Ce n'était pas une première, loin de là. Quatre jours avant les élections législatives et régionales de 2024, La Libre Belgique et La DH étaient victimes d'une cyberattaque d'origine russe. D'innombrables entreprises européennes sont prises pour cibles. La France condamne officiellement les attaques conduites – selon elle – par les Renseignements russes (FSB) contre ses intérêts stratégiques. Comme ailleurs en Europe, c'est le 16e Centre du FSB qui est pointé du doigt. Son unité 61240, chargée du ciblage et de l'espionnage de la France, se greffe pour ce faire à tout un écosystème cyber malveillant.
En flagrante violation du droit international, le Kremlin intensifie aussi ses opérations militaires. Il agresse la Géorgie, annexe la Crimée, envahit l'Ukraine et menace les pays baltes. La tentative d'attentat par drones piégés à l'aéroport de Leipzig en août dernier a frôlé "l'acte de guerre", et donc une possible demande allemande d'activer l'article 5 de l'Otan. Il n'en faudrait pas plus pour faire imploser l'alliance transatlantique.
Juin 2029, la Russie attaque les pays baltesCes agressions, cyberattaques, ingérences, sabotages et instrumentalisations de minorités russophones sont documentés. La vive hostilité de la Russie envers nos sociétés occidentales ne fait pas le moindre doute. L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie redoutent le pire. Et pourtant, certains idéologues restent aveuglés.
L'extrême droite, de Marine Le Pen en France à l'AfD en Allemagne, veut normaliser les relations diplomatiques avec Moscou et limiter le soutien militaire à l'Ukraine. Malmené avant les Midterms, Donald Trump a besoin de diesel moins cher, et tourne le dos au président Zelensky. Un tournant inespéré pour le Kremlin. Même chez nous, Peter Mertens, secrétaire général du PTB, affirmait ce mercredi "qu'il n'y a aucune donnée objective pour démontrer que la Russie veut s'en prendre à l'Europe". Authentique. Sincèrement, que lui faut-il de plus ? La Russie s'attaque à l'Europe! La détestation de l'Otan et le rejet des dépenses militaires conduisent certains à relativiser la menace russe.
Le PTB et LFI sont différents sur de très nombreux points mais une dynamique commune les rassembleTous les Occidentaux veulent mettre fin à la guerre en Ukraine. Cet objectif ne peut les freiner dans la nécessité de se préparer au pire des scénarios. Sans céder à la panique, l'Europe doit pouvoir compter sur des dirigeants capables de regarder la réalité en face. Le refuser nous empêchera l'essentiel, c'est nous empêchera de nous préparer.
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