Fabien Mast, restaurateur, lance un "coup de gueule" sur les violences qui ont émaillé la ville le 17 octobre et qui peuvent se reproduire. Il condamne fermement ces actes qui mettent à mal son outil de travail et son...
l'essentiel Fabien Mast, restaurateur, lance un "coup de gueule" sur les violences qui ont émaillé la ville le 17 octobre et qui peuvent se reproduire. Il condamne fermement ces actes qui mettent à mal son outil de travail et son personnel, et demande à ses collègues restaurateurs, commerçants, dirigeants d'entreprise de rejoindre et de cosigner cet appel.
Fabien Mast a ouvert la brèche. Ce restaurateur sur Toulouse lance un « coup de gueule » et invite les acteurs économiques de la ville à le rejoindre. Il refuse que la violence devienne une fatalité sur la ville. « Durant les manifestations, nous sommes en première ligne, constate-t-il. Alors certes, nous ne sommes pas pillés comme moult commerces, bien que parfois cela puisse arriver. Mais nous sommes contraints d'ôter le matériel pour éviter les violences et assistons à la lente agonie de nos clients et de notre chiffre d'affaires. Cette situation fait suite à divers épisodes compliqués pour la profession : Covid-19, inflation des matières premières, Gilets jaunes ou encore vagues de chaleur. » Il ajoute : « Alors oui, quand je vois des casseurs semer le chaos dans la ville, briser des vitres, saccager des façades, installer la peur chez les salariés et faire fuir les clients, cela me met très en colère. Une colère mêlée au désespoir. D'où cet appel à me rejoindre pour l'exprimer. »
« En cas de violences et de fermeture, je garderai mes clients à l'intérieur »Thomas Vidal, restaurateur toulousain à la tête d'une équipe de neuf salariés, partage ce constat et dénonce : « une baisse du chiffre d'affaires de 20 % en septembre et déjà un retard de 15 % en octobre ». Un chiffre qui sera très largement dépassé avec les événements actuels : « La profession comptait reconstituer sa trésorerie lors des vacances de la Toussaint, mais cela paraît désormais compromis. Le soir du 17 octobre, j'ai eu la moitié des tables annulées à cause du chaos qui régnait en ville. J'ai dû rentrer ma terrasse. C'est la vie économique de Toulouse qui se retrouve paralysée. »
Des restaurateurs réclament l'interdiction des défilés en centre-ville.
FREDERIC SCHEIBER
Ce restaurateur considère aussi que les mesures prises par la préfecture, dont le couvre-feu, sont inutiles : « les casseurs saccagent en fin d'après-midi après la manifestation, entre 16 h et 19 heures, pas entre minuit et 5 heures ». Selon lui, pour manifester et maintenir ce droit démocratique, « il faut interdire les manifestations en centre-ville afin d'éviter d'impacter les commerces. Il faut prendre des mesures de réaction et non d'anticipation ». Vice-président de l'Umih 31, Olivier Dupuy estime que l'activité est entrée dans une spirale de violences infernale dont personne ne semble maîtriser l'issue. Eric, restaurateur aux Carmes pense même garder ses clients à l'intérieur, si les violences reprennent ce samedi et qu'il doive tirer le rideau. « Une façon de les protéger et ne pas perdre toute une soirée. » Preuve de cette ambiance délétère : plusieurs restaurateurs ont préféré ne pas s'exprimer sur le sujet par peur des représailles sur leur commerce.