La compagnie irlandaise a confirmé le retrait de six avions de notre pays dès la semaine prochaine. ...
Il est arrivé comme à son habitude, à l'heure et des pancartes plein les bras. Avec notamment une promotion à 29 euros pour des vols Ryanair depuis les aéroports belges. "Il y a quelques mois, on était encore à 9 euros. On n'a jamais fait des promotions à des prix aussi élevés en Belgique, nous indique Michael O'Leary, le patron de Ryanair qui était de passage ce mardi à Bruxelles. La Belgique va sans doute connaître la plus forte hausse de prix des billets d'avion de son histoire, davantage que dans les autres pays européens où il y aura déjà une importante augmentation".
D'après Michael O'Leary, les prix des billets d'avion devraient ainsi s'envoler de "15 à 20 %" dans les prochains mois en Europe. En cause ? La crise énergétique, mais aussi de nouvelles taxes environnementales (ETS) qui vont toucher les compagnies aériennes. En Belgique, il y aurait un autre facteur aggravant : l'offre va sensiblement être réduite, ce qui va "machinalement" faire hausser les tarifs.
Plus qu'une seule destination à BruxellesLe patron de Ryanair a ainsi confirmé qu'il retirerait six avions – deux iront en Slovaquie, deux en Italie et deux en Suède – des aéroports belges dès la semaine prochaine et le début de la saison d'hiver dans le secteur aérien.
En cause ? la "stupide" taxe fédérale d'embarquement, qui passera de 2 à 7 euros dès janvier prochain dans notre pays. La compagnie irlandaise va ainsi retirer plus d'un million de sièges disponibles, soit 13 destinations en moins depuis Charleroi (Amman, Dubrovnik, Nîmes, Gênes, Katowice, Lódz, Newcastle, Oviedo, Poznan, Reggio Calabria, Sarajevo, Trapani, Varsovie) et 7 (Malaga, Barcelone, Rome, Madrid, Porto, Marrakech, Valence) à Zaventem.
Comment Ryanair a transformé ses avions en machines à sous : "Si on n'atteint pas les objectifs de vente, on risque d'être viré pour faute grave"À l'aéroport de Bruxelles, Ryanair ne maintient qu'une seule liaison, celle allant vers Dublin en Irlande. "On maintient encore une activité à Bruxelles, car c'est tout de même la capitale de l'Europe : je dois souvent m'y rendre depuis Dublin, même si je déteste cela car cette Commission ne sert à rien". Près de 200 jobs sont aussi perdus dans notre pays. "Les pilotes et le personnel de cabine ne sont pas virés, mais ils iront dans d'autres pays", précise le patron irlandais.
Les 20 destinations supprimées pour l'hievr 2026/2027 ©IPM Graphics / Didier LorgeEt ce n'est que le début selon l'Irlandais qui prévoit la suppression d'au moins un million de sièges supplémentaires dès l'été prochain. "Et ce sera encore plus par après, menace le patron. La Belgique a décidé de suivre la voie de la France ou l'Allemagne qui ont augmenté leurs taxes et en paient les conséquences. Tant que le gouvernement De Wever ne fera pas marche arrière sur cette taxe, nous allons continuer à diminuer l'activité en Belgique".
Le patron de Ryanair estime que son entreprise n'a "aucun intérêt" à laisser autant d'avions dans notre pays, alors que des pays comme la Slovaquie, l'Italie ou la Suède lui offrent de "bien meilleures" conditions financières. "Ces pays ont eu l'intelligence de choisir la croissance plutôt que les taxes. Même la Suède de Greta Thunberg et d'où est parti ce stupide mouvement de la honte de voler a compris son erreur et a fait marche arrière".
"Pas trop tard pour la Belgique"Selon lui, il n'est "pas trop tard" pour la Belgique. Comme il l'avait déjà annoncé il y a quelques mois, le patron irlandais promet ainsi une très forte croissance dans les aéroports belges – et même le début d'activités à Liège avec à la clé la création de 1000 emplois d'ici 2030. À une condition ; que l'Arizona renonce à sa taxe.
Après le bâton, la carotte : la stratégie de Ryanair reste la même.
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