Le constructeur dévisse en Bourse avec un cours passé de 92 à 10 couronnes suédoises en quelques années. ...
L'optimisme était de rigueur voilà à peine plus d'un mois, lorsque Volvo avait dévoilé une offensive produits sans précédent avec l'annonce de 13 nouveaux modèles d'ici 2030, dont six réservés exclusivement au marché chinois.
L'optimisme affiché alors s'est transformé en nouvelle communication de crise en quelques semaines à peine : les 512 millions d'euros de pertes affichés au troisième trimestre contre un bénéfice de 400 millions pour la même période de 2025 poussent le constructeur suédois, propriété du groupe chinois Geely, à supprimer 2 500 postes supplémentaires par rapport aux 3 000 pertes d'emplois annoncées l'an dernier. De quoi porter son plan d'économies global à 2,5 milliards d'euros.
Où cette nouvelle saignée va-t-elle intervenir dans ce groupe comptant 42 600 employés ? Quelque 2 000 des 2 500 emplois supprimés le seront en Suède. Rien n'a été mentionné pour les 500 autres postes.
L'usine de Gand sera-t-elle concernée ? Rien ne l'indique pour l'instant alors même que la direction avait adressé un message très positif aux 6 000 employés du site belge en septembre dernier en lui prédisant un "bel avenir".
Volvo Cars chute de 25% en Bourse après son annonceGand va en effet pouvoir accueillir sur ses chaînes de production d'autres véhicules que la seule marque Volvo, de quoi la rendre moins dépendante des seules performances du constructeur suédois.
Le nom du chinois Zeekr, qui appartient aussi au groupe Geely, a été évoqué. Des constructeurs tiers pourraient aussi passer des contrats d'assemblage avec Volvo Gand, devenue suffisamment rentable pour ne plus être en danger dans un proche futur. Il restera en effet à confirmer l'arrivée de nouveaux clients.
Toujours est-il que Volvo prévoit à ce stade de mettre fin à certains contrats de consultants, de ne pas remplacer une partie des départs naturels et de proposer des dispositifs de départ volontaire ciblés. Environ 100 personnes sont également employées dans les services administratifs basés à Gand.
Comme c'est souvent le cas pour les constructeurs européens, bien des maux ont pour origine leur coup de mou sur le marché chinois, où la concurrence devient "féroce", selon le terme même de Volvo, de la part de nombreux acteurs locaux, entraînant une forte pression sur les prix.
Prise en étauLe chiffre d'affaires de Volvo a du coup chuté de près de 50 % sur un an, "supprimant toute possibilité de rentabilité pour les marques premium historiques", a souligné Håkan Samuelsson, le patron du groupe. Il serait plus logique que l'effort intervienne dans les usines chinoises de Volvo pour suivre l'évolution à la baisse de la production.
Volvo Cars annonce la suppression de 2.500 de postes et souligne "un environnement très difficile"Les difficultés sur le marché américain s'expliquent notamment par la hausse des frais de douane imposée par l'administration Trump. Là aussi, la rentabilité est mise à mal. Voilà donc Volvo prise en étau.
Toutes ces mauvaises nouvelles ont logiquement pesé sur le cours de Bourse, en baisse de 26,56 % à la mi-journée à un peu plus de 10 couronnes suédoises, loin des quelque 92 couronnes du début de l'année 2022.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.