Le Projet de loi de finances en discussion à l’Assemblée nationale prévoit la suppression des crédits des Régions pour l’apprentissage et la formation des demandeurs d’emploi. En Occitanie, 10 000 places et plus de...
Le Projet de loi de finances en discussion à l’Assemblée nationale prévoit la suppression des crédits des Régions pour l’apprentissage et la formation des demandeurs d’emploi. En Occitanie, 10 000 places et plus de 100 millions d’euros sont en jeu.
Marie Castro ne décolère pas. La vice-présidente d’Occitanie à la formation professionnelle (élue du Tarn-et-Garonne mais originaire de Perpignan) fustige un "désengagement brutal, sans consultation" et une perte de "150 millions pour 2026-2027 entre dotations pour l’apprentissage et enveloppe du PRIC", le Plan régional d’investissement pour les compétences. Concrètement, ces millions représenteraient "10 000 places de formation professionnelle en moins, qui concernent des demandeurs d’emploi, des jeunes, des femmes seules ou victimes de violence… et plus de 4 000 jeunes apprentis privés possiblement de soutien et des aides régionales à l’apprentissage". Or, " 73 % des apprentis sont salariés deux ans après leur formation et 59 % du Plan région formation trouvent une issue positive en six mois", rappelle-t-elle.
Plus de 4 000 apprentis possiblement impactés, 200 à 250 formations ferméesL’élue souligne que cette suppression, si elle intervenait, concernerait "aussi l’aménagement des territoires ruraux avec la fermeture de 200 à 250 sessions de formation principalement dans ces territoires. À l’échelle nationale, 58 % des CFA envisagent déjà de fermer certaines filières". Sur le terrain, la menace plane sur les publics concernés, qui devraient suivre leur formation parfois loin de chez eux, et de la région, et s’étend aussi à tout un écosystème, fragile. "On a l’exemple d’une commune de 2 500 habitants avec 300 apprentis qui pourraient partir, c’est tout l’écosystème économique et de proximité qui est en jeu", explique Marie Castro.
Un frein au développement de nos entreprises, une mise en danger de métiers
"C’est aussi une menace directe sur les chefs d’entreprise, leur compétitivité, la transmission d’entreprises, le savoir-faire, égrène la vice-présidente. Et l’apprentissage est un outil pour pallier le manque de main-d’œuvre, c’est une réponse aux difficultés de recrutement. Ces suppressions seraient un frein au développement de nos entreprises et une mise en danger de certains métiers, je pense aux filières d’excellence comme l’ébénisterie ou aux métiers de la pierre par exemple, et au final c’est notre patrimoine qui est en danger".
En Occitanie, 1 600 sites de formation dans 250 communesLa région compte quelque 1 600 sites de formation professionnelle dans 250 de ses communes. "L’économie d proximité va en prendre un coup", souffle Marie Castro. Face à la menace, les élus de la région ne restent pas sans rien faire. "Carole Delga, en tant que présidente des Régions de France, a écrit au Premier ministre et une cellule de crise a été mise en place avec tous les acteurs et partenaires. Un courrier commun a été envoyé à tous les parlementaires pour infléchir le Projet de loi de finances. On ne peut pas renoncer !", dit encore l’élue.