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Boltanski, Duchamp, Breton… À Lyon, les artistes nous ouvrent leurs cabinets de curiosités

Дата публикации: 13-10-2026 15:24:48

L'exposition “Musée sentimental” présente 40 installations d’artistes dont la pratique de la collection devient un geste de création en soi. Elle réunit au musée des Beaux-Arts de Lyon les œuvres des trois musées : le musée des Beaux-Arts de Lyon, le macLyon et le Centre Pompidou.

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L’exposition “Musée sentimental” présente 40 installations d’artistes dont la pratique de la collection devient un geste de création en soi. Elle réunit au musée des Beaux-Arts de Lyon les œuvres des trois musées : le musée des Beaux-Arts de Lyon, le macLyon et le Centre Pompidou.

Christian Boltanski accumule des traces de sa vie dans vingt vitrines plongées dans la pénombre. Sylvie Selig rassemble de loufoques personnages faits de papiers mâchés, de tissus et d’objets. André Breton organise et exhibe sa collection d’objets acquis lors de ses voyages, mêlés à des œuvres modernes. Le musée des Beaux-Arts de Lyon a collaboré avec le Centre Pompidou et le Musée d’art contemporain de la ville pour présenter quarante installations qui sont autant de collections d’artistes du XXe et XXIe siècles. Toutes racontent, voire hurlent, l’intériorité de leurs accumulateurs et invitent à plonger dans les méandres de leurs esprits. Quête existentielle, engagement politique, exubérance poétique, chacun accumule et assemble dans un souci de déployer ses préoccupations.

Dans 20 vitrines, Christian Boltanski a rassemblé des objets personnels, photographies et mots jetés sur des feuilles. La vie impossible de C.B semble vouloir raconter l’existence de l’artiste. La présentation de ses archives, dans la pénombre, derrières des grillages, rend son exploration minutieuse difficile. Le regard se porte alors sur cet ensemble qui pose la question de la mémoire. Comment se souvenir de chaque détail d’une vie alors même que l’esprit trie, efface, pour ne pas devenir fou ? Et pourquoi conserver des preuves de sa propre vie, si ce n’est pour tenter de déjouer la mort, tels les battements de cœurs enregistrés par l’artiste et archivés sur l’île japonaise de Teshima ?

La collection pour penser le rôle de l’art

Le Musée itinérant de Marcel Duchamp, composé de ses œuvres reproduites en miniature, reflète quant à elle son approche de la pratique artistique, une invention permanente. Plutôt que de produire une anthologie de son art sous forme de livre, l’artiste a imaginé ce musée portatif sous forme de valise. Et au-delà, ce musée itinérant figure de manière plus intime le statut de l’artiste exilé aux États-Unis. La collection d’André Breton dresse elle aussi son portrait, celui d’un penseur et explorateur. Accumulée tout au long de sa vie dans son appartement parisien, elle se compose de masques et objets océaniens, précolombiens et amérindiens et d’œuvres de ses contemporains, tels Francis Picabia et Joan Miró. Si elle est avant tout impressionnante, elle favorise aussi et surtout l’imagination par la rencontre fortuite de ces éléments. Et illustre ainsi la célèbre citation de Lautréamont : “Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie !”

D’autres artistes pensent, à travers leurs collections, le rôle de l’art. Hervé Fischer a eu un jour l’idée de proposer à des artistes de lui envoyer une de leurs œuvres déchirée. Plus de 400 artistes ont joué le jeu de cette œuvre collective heureusement nommée Hygiène de l’art / La Déchirure des œuvres d’art. Pourquoi ce titre ? Parce que l’artiste, théoricien de l’art sociologique dès les années 1970, s’oppose avec ce geste à la mystification des œuvres d’art et s’attaque au marché. Tout comme les objets de grève collectés et photographiés par Jean-Luc Moulène s’attaque au capitalisme. Après avoir traversé tous ces univers, mais aussi celui de Ben, de Daniel Spoerri, d’Annette Messager, ou de Sarkis, l’exposition se conclue de manière carnavalesque. La Weird Family de tissus et d’objets, à la fois drôle et terrifiante, de Sylvie Selig, qui habite normalement son atelier, fait face à un triptyque de l’artiste réalisé pour l’exposition. Cette femme de 80 ans, révélé il y a peu, y met en scène son propre enterrement. Cet univers unique témoigne de l’importance de créer, quoi qu’il en soit.

Musée sentimental, au musée des Beaux-Arts de Lyon, jusqu’au 14 mars 2027.

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Классификация: Культура. Схожих патентов: 0. Схожих новостей: 9. Тональность: 0. Информативность: 19.1. Источник: www.lesinrocks.com.