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"On n'a rien vu" : à Dijon, la maman d'un adolescent victime d'un guet-apens via les réseaux sociaux témoigne

Дата публикации: 20-10-2026 06:18:43

Le 23 septembre dernier, un adolescent de 16 ans était frappé au visage à plusieurs reprises place Wilson, à Dijon. Derrière cette agression, un guet-apens tendu par un ancien camarade de classe et d'autres complices, via les réseaux sociaux. Sa mère témoigne.

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La plupart des échanges entre Charles et ses agresseurs ont eu lieu sur Snapchat © Radio France - Rachel Saadoddine

Diffusé le mardi 20 octobre 2026 à 6h32

Publié le mardi 20 octobre 2026 à 6h32 Mis à jour le mardi 20 octobre 2026 à 8h18

Le 23 septembre dernier, un adolescent de 16 ans était frappé au visage à plusieurs reprises place Wilson, à Dijon. Derrière cette agression, un guet-apens tendu par un ancien camarade de classe et d'autres complices, via les réseaux sociaux. Sa mère témoigne.

C'est un témoignage qui fait réfléchir. Celui d'Amandine, maman d'un adolescent de 16 ans, Charles*, scolarisé au lycée Hippolyte Fontaine à Dijon. Charles, son fils, a été agressé le 23 septembre dernier, place Wilson, à Dijon. Attiré dans un véritable guet-apens par un ancien camarade de classe, via Snapchat et Instagram. Celui-ci et une adolescente ont discuté pendant trois jours avec Charles, l'incitant à envoyer des photos dénudées et lui donnant rendez-vous sous prétexte de lui présenter une jeune fille.

En fait, il a été frappé au visage à plusieurs reprises, en plein jour. Ses agresseurs l'ont ensuite menacé de représailles s'il parlait. Amandine, la maman de Charles, n'a découvert tout cela qu'après coup, lorsque le lycée l'a prévenue que son fils était blessé. Pendant les trois jours qu'ont duré les échanges sur les réseaux, elle ne savait rien. Elle témoigne.

Trois jours d'échanges et finalement un rendez-vous place Wilson

"Le dimanche, quand commencent les échanges, on n'est au courant de rien du tout. C'est en venant au lycée, à la demande du proviseur qui m'explique que mon fils ne va pas bien, que je discute avec l'infirmière et que j'apprends ce qui s'est passé. Amandine confie avoir ressenti de la colère, parce que les faits se sont passés place Wilson et personne n'est venu porter secours à son fils. "J'ai tout de suite demandé à mon fils s'il y avait du monde autour d'eux, il m'a dit que oui, il y avait des gens qui passaient".

Elle ajoute : "je ressens beaucoup de colère aussi parce qu'on n'a rien vu. Je lui ai demandé pourquoi, quand il a vu que ça commençait à tourner au vinaigre, il ne nous en avait pas parlé. À nous, ses parents, ou même, s'il n'avait pas envie de se confier à nous, au CPE ou à l'infirmière quand il va prendre son traitement, peu importe. Mais en fait, il avait peur. Parce que très vite sont venues des menaces : s'il allait se plaindre ou qu'il allait raconter les choses".

C'est assez caractéristique de ce qui se passe en matière de harcèlement sur les réseaux : les parents ne sont pas au courant et les menaces interviennent rapidement. "Quand ils ont eu fini de le frapper, ils l'ont raccompagné jusque devant son lycée en lui disant une dernière fois qu'il n'avait pas intérêt à en parler ou même à aller déposer une plainte. Donc pour moi, quelque part, il était conscient qu'il avait franchi certaines limites, mais effectivement, ça l'a contraint à rester dans ce silence, sans trop en parler. D'ailleurs, c'est un de ses camarades qui m'a appelée pour me dire qu'il n'était pas bien".

"On a un contrôle parental !"

La question que se pose Amandine, c'est celle de la prévention. Ce sont des parents qui surveillent ce que fait leur fils, qui l'alertent sur les dangers des réseaux. "Une fois que tout est retombé, on a quand même pris le temps de lui expliquer que si on mettait des contrôles parentaux, si on demandait régulièrement à accéder au téléphone, c'était pour éviter ça. Du coup, je suis un petit peu en colère contre moi, parce que je me suis aperçue qu'il était resté beaucoup sur son téléphone. J'ai même échangé par message avec Charles en lui disant que je n'étais pas très contente. Il m'a dit "ne t'en fais pas, je vais te raconter".

Un contrôle parental et une surveillance permanente : "Quand il installe des applications, ça nous envoie des notifications. Et Snapchat, il l'avait installé très récemment. Ça fait trois ou quatre mois qu'il l'a sur son téléphone. Il avait longuement insisté et puis bon, j'avais fini par dire "ok, mais par contre tu fais très attention, tu rentres pas en contact avec n'importe qui, etc ." Voilà, on n'est pas à l'abri de tout" conclut-elle.** Une plainte a été déposée et l'enquête est en cours.

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