L’accord avec Vladimir Poutine annoncé par le président américain suscite l’opposition d’une partie de son camp, qui appelle à ne pas financer la « machine de guerre » russe.
International 12/10/2026 10:20 Actualisé le 13/10/2026 11:34
L’accord avec Vladimir Poutine annoncé par le président américain suscite l’opposition d’une partie de son camp, qui appelle à ne pas financer la « machine de guerre » russe.
Par Maxime Dhuin avec AFP
EN BREF
• Donald Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine pour importer du diesel russe, provoquant la colère de plusieurs élus républicains.
• Ils dénoncent une violation de la loi interdisant l’importation d’énergie russe depuis l’invasion de l’Ukraine.
• Le vice-président du premier mandat Trump, le très conservateur Mike Pence, accuse l’administration américaine d’alimenter la « machine de guerre » du Kremlin.
L’IA au HuffPost.
Ouvrir le robinet américain au diesel russe ? Pour eux, c’est non. Plusieurs élus républicains ont affirmé dimanche 11 octobre leur opposition à l’accord avec Vladimir Poutine annoncé vendredi par Donald Trump. Celui-ci prévoit la livraison par Moscou de quantités astronomiques de carburant sur les marchés américain et mondial, le tout au grand dam de l’UE et surtout de Volodymyr Zelensky qui craint un hiver sous pilonnage russe et a dénoncé une décision « indigne ».
Dans un communiqué cosigné avec trois élus démocrates et repéré par plusieurs médias dont la BBC, les sénateurs républicains Susan Collins (Maine), Lisa Murkowski (Alaska), Thom Tillis et John Curtis (Utah) fustigent une décision qui « va directement à l’encontre de la loi ». Ils font référence à un texte adopté par le Congrès en 2022 après l’invasion de l’Ukraine et qui interdit l’importation d’énergie russe.
« Le Congrès a été clair : les États-Unis ne doivent pas importer de pétrole de Russie tant que celle-ci n’aura pas mis fin à son agression contre l’Ukraine et cessé de proférer des menaces à l’encontre de nos alliés de l’Otan », martèlent les sénateurs. Interrogé dimanche à ce sujet sur la chaîne conservatrice Fox News, le ministre des Finances Scott Bessent a indiqué que le gouvernement américain entendait « agir en [s’]appuyant sur tous les pouvoirs légaux dont [il] dispos[e] ».
« Donc, sachez que toute personne au Congrès qui prétend […] que cela nous est interdit se trompe », a-t-il dit en soulignant qu’en faisant baisser le prix du diesel, Donald Trump agissait dans « l’intérêt du peuple américain ». En réalité, la Maison Blanche cherche surtout à calmer la grogne d’une partie de la population, agacée par les prix à la pompe à quelques semaines d’élections de mi-mandat qui s’annoncent compliquées pour le président, lequel affirmait il y a seulement quelque mois que le portefeuille des Américains lui importait moins que ses objectifs de guerre en Iran.
Mike Pence dénonce une décision sans « aucun sens »Dans leur communiqué, les sept sénateurs républicains et démocrates condamnent l’accord sur le plan légal, mais aussi sur un plan moral. « Les États-Unis ne devraient pas offrir à Poutine une assurance financière alors que la Russie continue de tuer des civils ukrainiens », dénoncent-ils dans leur texte, affirmant que « le gouvernement doit immédiatement changer de cap ».
La présence de certains Républicains parmi les signataires n’est pas si surprenante. La modérée Lisa Murkowski est l’une des bêtes noires de Donald Trump qu’elle a maintes fois critiqué, affirmant même n’avoir jamais voté pour lui depuis 2016, et Susan Collins prend de plus en plus ses distances avec la Maison Blanche pour garder dans son giron l’électorat centriste de son État, où sa réélection lors des midterms est très loin d’être acquise.
Ces quatre sénateurs ne sont pas les seuls à s’être positionnés contre l’accord avec Vladimir Poutine dans le camp républicain. Dès vendredi, le représentant texan Michael McCaul a pris la parole sur X, affirmant craindre « que la levée des sanctions sur le pétrole russe ne serve qu’à financer la machine de guerre du Kremlin ». Même son de cloche chez le représentant du Nebraska Don Bacon, pour qui « Trump est et a toujours été faible face à Poutine » et ne s’est pas montré « à la hauteur de la tâche de diriger le monde libre ».
Fait notable : le vice-président du premier mandat Trump, le très conservateur Mike Pence, s’est aussi positionné contre l’accord avec la Russie. Cette décision « n’a aucun sens et constitue une trahison de l’héritage […] du sénateur [républicain] Lindsey Graham », farouche défenseur de l’Ukraine décédé cet été, a-t-il écrit sur son compte X, accusant l’administration américaine d’« alimenter la machine de guerre de Poutine ».
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