Successeure de Karoline Leavitt au porte-parolat de la Maison-Blanche depuis le 9 octobre, Katie Zacharia a déjà marqué les esprits pour sa confusion entre le « président » et son « mari », et pour l’absence de preuves de son admission au barreau.
Katie Zacharia, nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche, lors d’un point presse, le 13 octobre 2026. LENIN NOLLY / NURPHOTO VIA AFP
Le nouveau visage public de la Maison-Blanche est déjà écorné. Dans sa première conférence de presse, le 13 octobre, Katie Zacharia, la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche, a enchaîné un nombre de questions ouvertes aux journalistes anormalement bas, un lapsus où elle désigne le « président » à la place de son « mari »… et, le lendemain, la mise en cause de son statut d’avocate. Des débuts mouvementés pour cette femme de 42 ans, habituée aux plateaux des médias conservateurs Fox News et Newsmax.
La successeure de Karoline LeavittKatie Zacharia a succédé, le 9 octobre, à Karoline Leavitt, une autre fidèle du président des Etats-Unis, qui a quitté ses fonctions en août pour s’occuper de ses jeunes enfants. Donald Trump a annoncé sa nomination avec ce message sur son réseau Truth Social : « Son soutien a toujours été exemplaire et elle a été une alliée loyale et brillante depuis le début. Elle est également une admiratrice et membre dévouée du mouvement MAGA [Make America Great Again, NDLR] ».
La Californienne a déjà été porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure pendant quelques semaines, de février à avril 2026. Selon les informations biographiques renseignées sur son profil LinkedIn, elle travaille pour la société de médias liée à Donald Trump, Trump Media and Technology Group, ainsi que pour sa plateforme Truth Social, et appartient également à l’organisation conservatrice Fix California, fondée par Richard Grenell, un proche du président.
Une conférence de presse laborieuseKatie Zacharia a ouvert sa première conférence de presse avec un débit de parole particulièrement lent et moult mots écorchés. Elle a présenté les réussites successives, selon elle, d’un président américain qualifié « d’énergique » – lui dont la popularité recule à mi-mandat sur fond de guerre impopulaire contre l’Iran, de difficultés économiques et de controverses intérieures. Outre cette longue énumération, la nouvelle figure MAGA a bien fait une annonce : l’administration Trump a « demandé la démission » de l’ambassadrice des Etats-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, accusée de corruption.
A la fin de sa prise de parole, au lieu de laisser, comme le veut la tradition, un long moment de questions-réponses, la jeune femme s’est contentée de ne répondre qu’à trois médias, tous conservateurs. D’abord le site Breitbart, régulièrement accusé de relayer des théories complotistes. Puis la chaîne Fox News, l’un des principaux soutiens médiatiques de Trump, et enfin le tabloïd britannique « Daily Mail ».
Sa prise de parole s’est achevée par un moment de gêne. Interrogée sur les conséquences de cette fonction exigeante sur sa vie personnelle, elle a expliqué comment sa famille – Tyler Zacharia, son époux producteur de cinéma, et leurs quatre enfants – s’adaptait à ce nouveau rythme. Avant de conclure sur un lapsus qui a déclenché quelques rires dans la salle, en évoquant « mon président, excusez-moi, mon mari ». Au moment de quitter la Maison-Blanche pour un déplacement en Alaska, la veille, Donald Trump a, lui, loué sa prise de parole d’un « j’ai pensé qu’elle avait été très bonne ».
Un CV mensonger ?Après la conférence, Katie Zacharia a défendu son parcours durant quelques minutes. Mais au moment où un journaliste a demandé à Donald Trump dans quel Etat américain Kate Zacharia aurait passé le barreau, le président s’est retourné vers sa nouvelle porte-parole qui a répondu : « Quand j’ai déménagé en Chine. »
Ancienne consultante sur la chaîne Fox News, Katie Zacharia y a déjà été présentée comme avocate à au moins 18 reprises depuis mars 2025, selon une analyse du média Popular Information. Selon ses indications sur son profil LinkedIn, elle a travaillé près de deux ans pour un cabinet d’avocats à Pékin, entre 2011 et 2013. Or il n’existe aucun élément permettant d’indiquer qu’elle ait jamais passé avec succès un examen du barreau aux Etats-Unis, après son diplôme en droit à l’université Pepperdine, en Californie. En l’absence de preuves de son admission à un barreau, voilà son statut d’avocate remis en cause.
Ce 14 octobre, l’association d’éthique en politique Campaign for Accountability a appelé le barreau de l’Etat de Californie à lancer une enquête. « En Californie, se désigner soi-même comme avocat sans licence, ce n’est pas de la vantardise ; c’est un crime », soutient l’association dans un communiqué. Sollicitée par l’AFP, la Maison-Blanche n’a pas fait de commentaire.
Par Service Actu