Lors de la présentation du conclave budgétaire wallon, la plupart des économies n’ont pas été détaillées. L’exécutif MR-Les Engagés table néanmoins sur 400 millions d’économies pour l’année 2027. ...
Les ministres wallons MR et Engagés avaient réfléchi à une accroche positive pour présenter le budget de l'année : celui-ci était inédit. Et il est vrai qu'en construisant leur budget sur trois ans — ce qui ne dispensera pas l'exécutif de prendre d'autres mesures en 2028 et 2029 —, le gouvernement d'Adrien Dolimont (MR) a réalisé une première. Nuançons toutefois ce constat en rappelant que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait fait de même l'année passée.
Il fallait bien une formule positive pour présenter un budget qui prévoit 400 millions d'euros d'économies, tout en réduisant la fiscalité automobile qui, malgré la promesse de "neutralité", ne le sera pas tout à fait. En effet, la baisse de la taxe de circulation ne compense pas le coût de la future vignette automobile.
Lancement de la vignette et baisse de la taxe de circulation : la Wallonie révolutionne sa fiscalité automobileLa parade à cette augmentation était pourtant toute trouvée. En mettant sur pied un Job bonus — destiné à soutenir modestement le pouvoir d'achat des salariés aux revenus les plus faibles en Wallonie —, le gouvernement considère que la neutralité de la fiscalité automobile est préservée. Ce ne sera cependant pas le cas de ceux qui gagnent plus de 5 000 euros bruts par mois.
Une balle dans le piedEn amont du conclave, on évoquait beaucoup l'intention du gouvernement wallon de toucher aux allocations familiales, considérées comme plus généreuses qu'en Flandre. Finalement, le gouvernement Dolimont n'y a pas touché. Était-ce un leurre destiné à démontrer, ensuite, que l'exécutif avait finalement renoncé à le faire ? La stratégie est connue… In fine, les Wallonnes et les Wallons peuvent souffler.
En modifiant sa réforme initiale des droits de succession, qui doit entrer en vigueur en 2028, tout en maintenant une réduction de ces droits, le gouvernement wallon a sauvé une promesse du début de la législature sans trop grever les finances régionales. Celles-ci devront tout de même supporter un coût de 200 millions d'euros à partir de 2028, mais c'est moins que prévu. À la veille des élections de 2029, aller plus loin aurait été se tirer une balle dans le pied.
Le gouvernement wallon a tranché dans le dossier de la Boucle du Hainaut : 8 km sur 85 km seront enterrésQuant aux économies, elles toucheront les aéroports wallons qui, à la fin de la législature, devront se passer de financements wallons. Wallonie Entreprendre, le bras financier de la Région, devra lui aussi renoncer à son allocation annuelle.
En revanche, concernant les 170 millions d'euros d'économies attendues de la réforme des APE (aides à la promotion de l'emploi), des mécanismes d'indexation, de la rationalisation des aides à la formation, entre autres, ainsi que les économies à réaliser à l'Aviq (Agence pour une vie de qualité), le gouvernement n'est pas entré dans le détail, ni dans les conséquences. Celles-ci seront pourtant multiples pour le portefeuille des Wallons — pensons aux titres-services —, pour l'emploi, avec les APE, ou encore pour le coût d'accès à une maison de repos, qui pourrait augmenter.
En fin de présentation, Adrien Dolimont et François Desquesnes (Les Engagés) ont évoqué la réforme des provinces et le financement des grandes villes wallonnes. En liant les deux dossiers, ils mettent le PS au défi de les suivre dans la suppression des provinces. Une manœuvre habile. Néanmoins, même si l'exécutif wallon promet de ne pas toucher à l'emploi dans les provinces — leurs agents continueront à travailler pour une autre entité —, on ne sait pas encore précisément comment ce transfert de compétences s'organisera.
https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2026/10/12/un-enfumage-qui-cache-une-avalanche-de-mauvaises-nouvelle-lopposition-vent-debout-contre-le-budget-wallon-CBQHJMRTCJDXNFSPS33DW5YSZE/Les finances communalesEnfin, certaines mesures n'auront pas d'impact direct sur les finances wallonnes, mais bien sûr celles des communes. La fusion obligatoire des communes et de leurs CPAS ne se fera certainement pas sans heurts. Le dossier méritera donc d'être suivi, tant les oppositions à ces regroupements sont nombreuses.
À l'échelle communale, le gouvernement prévoit également de réduire le nombre de conseillers communaux, avec deux conseillers en moins par commune, et celui des échevins, avec un en moins par commune. Au total, 766 mandats disparaîtront. Enfin, la réduction de l'indexation du Fonds des communes risque de mettre les finances communales sous pression. Avec de nouvelles taxes communales à la clé ? C'est plus que probable.
La Wallonie continuera cependant d'investir. Plusieurs mesures ont été annoncées, notamment la future garantie autonomie, l'hydrogène blanc, le grand photovoltaïque, le logement social, les places en crèche, l'économie circulaire, les Hautes Fagnes, la simplification des permis d'urbanisme pour accélérer les projets énergétiques et la modernisation de la fonction publique. Autant de dossiers sur lesquels La Libre n'hésitera pas à revenir.
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