Les juges ont opté pour une peine tournée vers les soins au regard des troubles psychiatriques dont souffre le trentenaire, qui avait incendié une poubelle à Agen, après en avoir averti les pompiers.
Les juges ont opté pour une peine tournée vers les soins au regard des troubles psychiatriques dont souffre le trentenaire, qui avait incendié une poubelle à Agen, après en avoir averti les pompiers.
Les interventions consistant à maîtriser un incendie sont monnaie courante pour les sapeurs-pompiers. Être préalablement avertis qu'un feu va être déclenché est, en revanche, quelque peu inédit. Quelle ne fut pas la surprise des soldats du feu d'Agen dans la soirée du 2 avril dernier, lorsqu'un individu s'est présenté au centre de secours afin de faire part de sa volonté "de [leur] donner du travail".
Cet homme âgé de 38 ans, qui avait mis ses paroles à exécution en incendiant volontairement un conteneur dans le quartier Montanou, comparaissait ce vendredi 9 octobre devant le tribunal judiciaire d'Agen pour destruction du bien d'autrui par moyen dangereux pour les personnes.
Les magistrats espéraient une prise de conscience de ce dernier quant à la dangerosité de son acte, qui avait, comme vraisemblablement espéré, nécessité la venue des sapeurs-pompiers pour venir à bout des flammes qui présentaient un important risque de propagation. "Le feu avait commencé à lécher les immeubles à proximité. On sait qu'un feu de poubelle peut avoir de graves conséquences", a rappelé la procureure de la République, dont les réquisitions s'élevaient à deux ans d'emprisonnement ferme.
Troubles borderlineLes troubles psychiatriques dont souffre le mis en cause, décrit comme "une personnalité borderline, état limite" par l'expert, ont guidé la décision des juges qui lui ont imposé un suivi socio-judiciaire d'une durée de trois ans, au risque de purger une peine de deux ans de prison en cas de non-respect de la mesure. Il comprend une injonction de soins, une obligation de travailler et l'interdiction de porter ou de détenir une arme déclarée durant cinq ans. Une peine justifiée par "des passages à l'acte liés à des problématiques d'addiction et psychiatriques", l'homme ayant déjà été condamné pour des conduites sous l'empire de stupéfiants ou des outrages et menaces sous l'effet de l'alcool.
Durant sa garde à vue, l'incendiaire interpellé peu de temps après la mise à feu avait livré des explications saugrenues. Une hospitalisation de plusieurs mois dans un établissement psychiatrique s'en est suivie. "Elle a eu un effet positif, salue la procureure, ce n'est plus le même homme, on constate qu'il est stabilisé." À la barre, l'homme a fait part de remords et présenté ses excuses à l'égard des soldats du feu.