Ne détenant pas de preuve incontestable de son implication, le tribunal judiciaire d'Agen a relaxé le Passageois de 28 ans de l'incendie volontaire ayant détruit sept véhicules, dans la nuit du 8 au 9 mars 2025,...
l'essentiel Ne détenant pas de preuve incontestable de son implication, le tribunal judiciaire d'Agen a relaxé le Passageois de 28 ans de l'incendie volontaire ayant détruit sept véhicules, dans la nuit du 8 au 9 mars 2025, devant le collège Chaumié d'Agen. L'an passé, il avait écopé de 18 mois d'emprisonnement pour des destructions similaires, commises dans la même nuit.
92 000 euros de travaux pour remettre en état la voirie et la façade noircie du collège Chaumié, sept véhicules totalement détruits... Le montant des préjudices à rembourser s'annonçait colossal pour qui serait tenu responsable de cet incendie volontaire, commis durant la nuit du 8 au 9 mars 2025.
Le Passageois soupçonné d'en être à l'origine, jugé ce mercredi 7 octobre devant le tribunal judiciaire d'Agen, n'avait pas vraiment toutes les chances de son côté pour faire valoir son innocence. Le jeune homme de 28 ans avait été condamné en avril 2025 à 18 mois d'emprisonnement dont la moitié avec sursis pour avoir provoqué deux incendies volontaires, détruisant quatre véhicules dans la rue Richard-Cœur-de-Lion d'Agen et la rue Garonne au Passage, durant la même nuit. S'il a toujours affirmé être seulement l'auteur desdits feux, la poursuite de l'enquête sous la houlette d'un juge d'instruction - après sa comparution - avait permis de le mettre en cause dans les destructions perpétrées devant l'établissement scolaire agenais.
ConvictionDurant son procès, il n'a pas fléchi sous les remarques des magistrats épinglant l'incohérence de ses propos eu égard à la chronologie des évènements. "La Mini Cooper dans laquelle vous vous trouvez se gare à proximité des véhicules, à 1 heure 41. Vos deux acolytes affirment que vous descendez du véhicule. À 1 heure 46, soit très peu de temps après, le premier écho lumineux du feu apparaît", décortique le président de l'audience. "Je me suis simplement arrêté uriner. Il devait y avoir quelqu'un, par là, qui a mis le feu", a répété le jeune homme.
À chaque dénégation de l'incendiaire présumé, les contre-arguments des magistrats sont inévitablement consolidés par la circonstance que les deux autres incendies dont il a été reconnu coupable ont été commis quelques heures plus tard, en respectant le "même mode opératoire". "Quand allez-vous vous décider à dire la vérité ? Vous ne l'avez jamais dite car, vu l'ampleur des dégâts, vous avez conscience que vous seriez endetté à vie", tente le procureur de la République. "Nous n'observons absolument personne d'autre sur les images, il est le seul auteur possible", argumente-t-il dans ses réquisitions, fixées à deux ans d'emprisonnement dont six assortis d'un sursis probatoire de deux ans.
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Manque de preuvesLa pluie s'étant abattue sur la ville après l'incendie avait compliqué les prélèvements et contraint les enquêteurs à fonder leurs investigations sur les extraits des caméras de vidéosurveillance. Or, la "preuve parfaite" ne réside pas en ces images selon l'avocate de la défense Me Laurence de Behr. "Partir du principe que, qui a bu, boira, c'est léger. Ce n'est pas parce que c'était lui à 7 heures du matin, que c'était aussi lui à 1 heure du matin. Sur les images, on ne voit absolument personne à côté du feu quand il démarre, personne qui descend de la voiture.", a raisonné le conseil. Ces éléments ont compté dans l'appréciation des juges, qui ont relaxé le Passageois de l'ensemble des faits reprochés.
Me Elea Cerdan, du côté de la partie civile, a exposé les difficultés de son client, en situation de précarité, privé du véhicule "qu'il avait péniblement acquis au prix de 1 300 euros". "Il a passé 22 jours sans solution, a dû se faire aider, s'arranger avec son employeur. En plus du choc, cet évènement a généré un vrai préjudice moral."