Nouvelle journée de mobilisation des lycéens ce vendredi en Indre-et-Loire. Vers 10h, une manifestation a rassemblé quelques centaines de personnes dans le centre-ville de Tours. Des rassemblements et des incendies ont eu lieu aussi ailleurs dans la ville et dans le département.
Nouvelle journée de mobilisation des lycéens ce vendredi en Indre-et-Loire. Vers 10h, une manifestation a rassemblé quelques centaines de personnes dans le centre-ville de Tours. Des rassemblements et des incendies ont eu lieu aussi ailleurs dans la ville et dans le département.
Ce vendredi a été marqué par de nouvelles mobilisations des lycéens en Touraine. Il y a eu des rassemblements et quelques feux de poubelle à Tours, mais aussi à Loches et à Chinon. Treize personnes ont été interpellées, et dix incendies ont été déclenchés sur 'l'ensemble du département. Aucun blessé n'est, à l'heure d'écrire ces lignes, signalé. Une mobilisation toujours aussi marquée par la blessure de Maël, jeune lycéen de 16 ans blessé à l'œil, probablement par un tir de LBD.
Dix lycées tourangeaux sont fermés jusqu'à mardi 6 octobre inclus, il s'agit, à Tours, de Becquerel, Balzac, Eiffel, Bayet, Grandmont, Clouet, Vaucanson, Choiseul et Paul-Louis Courrier, ainsi que le lycée Jean Monnet à Joué-lès-Tours. Les cours sont assurés en distanciel.
De nouveaux heurts vendredi soirVendredi soir, de nouveaux affrontements sont survenus place Jean-Jaurès, entre les forces de l'ordre et une centaine de personnes masquées et non identifiées, selon la préfecture d'Indre-et-Loire. "Ils ont incendié des poubelles et un véhicule", précise la sous-préfète Florence Gouache D'après un témoin de la scène, un restaurateur du centre-ville, juste avant 21 h, un groupe d'une cinquantaine de personnes habillées tout en noir a déboulé au niveau des rames du tramway.
Rapidement des voitures de police, des cars de CRS et des agents de la BAC ont quadrillé la zone. Des affrontements entre les forces de l'ordre et ces casseurs ont eu lieu. Un hélicoptère de la gendarmerie de Tours a été envoyé sur place. L'engin a survolé la zone toute la soirée jusqu'aux alentours de minuit. Le calme est revenu dans la soirée.
Face-à-face entre policiers et manifestants à GrandmontÀ proximité du lycée Grandmont, des tirs de projectiles et de gaz lacrymogènes ont eu lieu dans le quartier résidentiel de la Bergeonnerie ce vendredi soir.
Après un face-à-face entre policiers et lycéens, qui s'est déroulé dans le calme à partir de 18 h devant le lycée, des débordements sont constatés par les riverains de ce quartier, à quelques dizaines de mètres de l'établissement. Notre reporter sur place a vu des jeunes barricader quelques rues vers 18 h 45. Plus tard, une habitante raconte : "Dès que les jeunes lancent des projectiles, la police répond avec du gaz lacrymogène. Dès que la fumée redescend, les jeunes reviennent lancer des projectiles sur la police et ainsi de suite."
À 10 h, un rassemblement a commencé dans le centre-ville de Tours. Un appel avait circulé sur les réseaux sociaux, pour un rendez-vous place Jean Jaurès. Environ 300 personnes, des jeunes, mais pas seulement, ont ensuite défilé dans les rues de Tours avec des pancartes "Qui nous protègent de la police ?", "ACAB" (All Cops Are Bastards) ou encore "La jeunesse fâchée, pas facho", et "Attal, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue".
Le cortège s'est ensuite dirigé vers le siège de la Nouvelle république, où justement, le candidat à la présidentielle Gabriel Attal en tournage ce vendredi matin. Ils souhaitaient le confronter, ce qui n'a pas eu lieu puisque l'ancien ministre de l'Éducation Nationale est parti par une autre sortie.
"Justice pour Maël"Concernant la manifestation dans le centre-ville de Tours en fin de matinée, notre reporter sur place a aussi vu des pancartes "Justice pour Maël", prénom du lycéen de 16 ans blessé à l'œil ce mercredi à Tours, des lésions "compatibles" avec celles d'un tir de LBD, selon le communiqué de la procureure.
Le rassemblement place Jean Jaurès s'est ensuite dirigé vers les locaux de la Nouvelle République ce vendredi en fin de matinée © Radio France - Mathis LandaisLe rassemblement s'est ensuite transformé en cortège, et a pris la direction de l'avenue Grammont, au son de slogans anti-police.
Le cortège est arrivé devant le siège de la Nouvelle République à Tours © Radio France - Mathis LandaisLa police était stationnée devant le siège de la Nouvelle République, où le cortège s'est arrêté. Le candidat à la présidentielle et ancien ministre de l'Éducation Gabriel Attal était dans les locaux pour un tournage, les manifestants voulaient l'interpeller. Mais Gabriel Attal est sorti des locaux sans que la confrontation n'ait eu lieu. Sept camions de CRS étaient à proximité, selon les constatations de notre reporter sur place. Le face-à-face avec les manifestants est resté calme.
Selon un porte-parole de la Fédération syndicale étudiante (FSE), la volonté de cette manifestation est d'être pacifique, au lendemain d'une journée émaillée de quelques débordements en Indre-et-Loire. Devant la Nouvelle République, les CRS ont fait reculer les manifestants et leur ont demandé de faire demi-tour.
Selon les constatations de notre reporter sur place, la plupart des manifestants sont assis et lèvent les bras en signe de non-violence. Le groupe a ensuite beaucoup baissé en nombre. La circulation des trams a été perturbée par la mobilisation en centre-ville.
Des magasins du centre-ville vandalisésEn marge de cette manifestation, un autre groupe a vandalisé et pillé des magasins de téléphonie.
Près de la place Jean Jaurès, entre 50 et 100 manifestants sont entrés dans le Burger King vers 10 h 15. Ils ont renversé le mobilier, mais sans faire de casse. Des témoins rapportent que des pétards ont été tirés dans le tramway.
Beaucoup de boutiques du centre-villes ont fermé leurs rideaux de fer. Le magasin Free de la rue Nationale s'est fait piller, une cinquantaine de personnes sont entrées dans le magasin, des téléphones ont été volés. À quelques mètres, la boutique SFR a été vandalisée, l'enseigne Orange a aussi baissé le rideau.
Le magasin SFR du centre-ville de Tours a été visé ce vendredi © Radio France - Mathis Landais D'après nos informations, la boutique de Free rue Nationale à Tours s'est fait piller par une cinquantaine de personnes © Radio France - Boris CompainPar peur des dégradations et des incendies, la métropole de Tours demande aux habitants de ne pas laisser leurs bacs de poubelles plus longtemps que nécessaire sur la voie publique.
Un feu devant le lycée François ClouetDevant le lycée Clouet, un incendie a été allumé en fin de matinée. La police était sur place à midi.
A midi devant le lycée François Clouet à Tours, un incendie devant l'entrée © Radio France - Maxime HernandezPlusieurs feux éteints devant des lycées du Nord de ToursÀ Tours, devant le lycée Henri Becquerel ce vendredi matin, un feu a été allumé. À 10h30, ce feu était éteint. L'établissement, théâtre de débordements la veille, est fermé jusqu'à mercredi. Notre reporter sur place n'a pas constaté de manifestants ni à l'intérieur ni à l'extérieur de l'établissement.
Les restes encore fumants d'un feu devant le lycée Bocquerel, à Tours, ce vendredi © Radio France - Boris CompainDevant le lycée Choiseul, même constat. À 11 h, la situation est calme, mais des restes de feux sont encore visibles devant l'établissement. Selon des témoins, il y a eu d'abord un rassemblement pacifique devant le lycée, puis un groupe de « casseurs » est arrivé. Ils sont rentrés dans le lycée, déclenchant une alarme intrusion. Toujours selon ces témoins, ces individus étaient armés de battes de fer.
Les forces de l'ordre sont ensuite arrivées pour faire un tour de l’établissement. À 11h, les lycéens sont sortis pour être récupérés par les parents.
Un feu a été éteint ce vendredi matin devant le lycée Choiseul © Radio France - Maxime HernandezDe leur côté, les pompiers confirment plusieurs interventions à Tours ce vendredi matin devant les lycées Becquerel, Bayet, Gustave Eiffel et Choiseul.
Une matinée calme près de Balzac et Paul-Louis CourierPlus tôt dans la matinée, la situation était très calme devant Grandmont, Paul-Louis Courier et Balzac. Les trois lycées étaient fermés pour la journée, ils font partie des dix établissements qui resteront en enseignement à distance jusqu'à mercredi.
L'heure est au nettoyage près du lycée Balzac ce vendredi tôt dans la matinée © Radio France - Jeanne Cerin