Вход на сайт

Просмотр новости

Найдите то, что Вас интересует

« Oser dire puis écrire le mot ''viol'' change tout » déclare Judith Godrèche

Дата публикации: 30-09-2026 06:17:36

La réalisatrice porte à l’écran « Mémoire d’une fille », œuvre dans laquelle Annie Ernaux évoque sa première expérience sexuelle

Основное содержимое страницы с новостью.

Judith Godrèche revient comme réalisatrice. Dans Mémoire de fille, découvert au Festival de Cannes, elle adapte un roman culte d’Annie Ernaux publié en 2016 dans laquelle la romancière revient sur sa première expérience sexuelle en 1958. Ce roman très fort, écrit en 1982 et publié trente-quatre ans plus tard, raconte ce qu’elle considère maintenant comme un viol commis alors qu’elle n’avait que dix-sept ans et demi (elle insiste sur le « demi »).

Dans une colonie de vacances, c’est un homme plus âgé qu’elle, chef du camp où elle est monitrice, qui lui a fait vivre cette expérience traumatisante. Tess Barthélemy, la fille du Judith Godrèche, incarne avec délicatesse la romancière dont Valérie Dréville reprend le rôle à l’âge adulte. Mémoire de fille est un très beau film dont sa réalisatrice nous a parlé avec sincérité.

Qu’est-ce qui vous a touché dans le livre d’Annie Ernaux ?

Quand je l’ai lu, la première chose que je me suis dite, c’était à quel point le sujet était contemporain et que si on gommait l’aspect époque, l’aspect 1958, on pouvait totalement transposer ce récit-là aujourd’hui. Ce qui se passe à la colonie, le rapport d’autorité notamment le chef de camp est très moderne. Que ce soit le sujet du consentement, le rapport aussi sur l’incapacité pour une jeune fille qui n’a pas les outils de pouvoir mettre des mots sur ce que lui dit son corps, c’est très actuel.

Quel aspect du récit vous a particulièrement marquée ?

En 1958, Annie Ernaux est quelqu’un qui n’a évidemment eu aucune éducation sexuelle et qui vit dans un univers très protégé par sa mère. Elle a, par ailleurs, une ouverture et un regard sur le monde à travers les livres. Elle possède également une dextérité et un talent pour utiliser les mots. Pendant des années, cette femme-là n’arrive pas à en mettre sur ce qu’elle a vécu. Et pourtant, les mots, elle sait les utiliser, elle y a accès. En fait, le livre parle vraiment de ce que c’est que d’avoir honte, de ce que c’est que d’évoluer dans une société où on a le sentiment que si on ne fait pas partie du clan des plus forts, on n’a qu’à se taire. A cette époque, se positionner en tant que victime de violences sexuelles était impensable.

Vous êtes-vous sentie proche de son personnage ?

Je peux comprendre sa façon de protéger. Plutôt que de se dire « j’ai été victime de viol », elle se dit « je suis amoureuse ». Et donc elle se raconte une histoire d’amour qui est aussi évidemment liée à la littérature. Ça devient obsessionnel parce qu’elle veut absolument la vivre, cette histoire d’amour qu’elle se raconte, mais qui est dans le fond, une façon aussi de survivre à ce qui lui est arrivé.

Pensez-vous qu’une jeune fille d’aujourd’hui réagirait de la même façon face à un viol ?

Je ne le crois pas et j’ai trouvé enrichissant d’aborder ces sujets avec les acteurs et actrices issus de l’époque post MeToo. Filles et garçons posaient un regard extrêmement déconstruit sur cette histoire et sur les scènes qu’ils ont eu à jouer. Ils sont dans une pleine compréhension de ce qu’ils jouent et se posent toutes sortes de questions, qui vont même au-delà des questions que moi j’ai pu me poser en écrivant les séquences.

Quelles questions, par exemple ?

Certaines jeunes se sont étonné qu’il n’y ait aucune sororité entre les personnages. C’était une interrogation que j’avais eue moi aussi et je me disais que les temps ont changé depuis la fin des années 1950. J’ai donc modernisé certains aspects du récit, rajouté de la diversité aussi pour que des jeunes qui ont 20 ans en 2026 puissent se reconnaître dans mon récit. J’ai été moins radicale que ce que raconte Annie Ernaux dans son livre.

Notre dossier Annie Ernaux

A-t-elle approuvé ces changements ?

J’ai passé beaucoup de temps avec elle pour essayer de me positionner. Quand j’ai senti que j’arrivais à voir le monde à travers ses yeux, je me suis dit qu’à partir du moment où je pouvais raconter cette histoire du point de vue du personnage principal, je pouvais aussi apporter ma propre vision Nos deux chemins se sont rejoints. Il faut dire que j’avais terriblement peur de la décevoir, voire de la trahir. Elle a accepté de répondre à mes questions et que je l’enregistre.

Était-il difficile d’aborder ces sujets avec elle ?

Elle a bien voulu s’exprimer sur « l’entre les lignes » ce qui n’est pas écrit dans le roman. C’est venu naturellement. Je pense que le plus compliqué a été de lui demander quand elle a posé le mot « viol » sur ce qui lui est arrivé. J’avais lu qu’elle y était parvenue grâce à des messages de lectrices et à des témoignages qu’elle a reçus. Oser dire puis écrie le mot « viol » change tout. Je me suis sentie à l’aise avec elle parce qu’elle semblait l’être avec moi.

Comment a-t-elle réagi en voyant le film ?

Elle a tenu à le regarder seule. Je pouvais rester dans la salle mais assise dans un axe où je ne pouvais pas voir son visage parce que je ne voulais qu’elle ait l’impression que je la scrutais. Quand la projection s’est terminée, elle n’a pas bougé. Je me préparais déjà à lui dire qu’on allait faire un remontage de ce qui ne lui plaisait pas quand elle m’a finalement dit, très émue, qu’elle aimait. Je peux vous dire que j’ai vu ma vie défiler devant moi avant qu’elle vienne me parler.

Pourquoi pensez-vous que ce film est important maintenant ?

C’est un film qui parle de viol et dans un pays où une femme sur deux est victime de violences sexuelles. Je trouve que c’est un sujet qui est aussi important que tous les films sur la guerre ou sur la collaboration. C’est un sujet qui fait partie de l’histoire de France.

Схожие новости

#Наименование новостиТональностьИнформативностьДата публикации
1‘You Can See Everything,’ if You Could Only Secure a Ticket010.3801-10-2026
2Чиповская назвала причину снимать кино о домашнем насилии08.129-09-2026
3Affaire Le Scouarnec : “Il faut tout un village pour violer un enfant”09.5222-09-2026
4Dans l’affaire Joël Le Scouarnec, des témoignages inédits de ses nièces pour briser le silence de leur famille07.3322-09-2026
5Neil Jordan on Tom Cruise’s ‘Interview With the Vampire’ Casting Controversy: “He Liked the Challenge of Proving Them Wrong”07.0623-09-2026
6Florence Pugh Says ‘Instagram Censored Me’ Over Cornell 7 Posts Addressing Sexual Assault Case: ‘Another Shock That Women Are Censored’012.7830-09-2026
7Michèle Bernier (La Stagiaire) "trop chaude au lit" : plutôt "à l'aise", elle serait choquée qu'un homme s'en offusque06.4730-09-2026
8Romain Lemire : “Je veux déverrouiller le sujet de l’inceste, dire que c’est un sujet abordable”0822-09-2026
9Scary World News Has Auteur Directors Looking Onwards and Inwards at Toronto Film Festival0904-08-2026

Классификация: Культура. Схожих патентов: 0. Схожих новостей: 9. Тональность: 0. Информативность: 10. Источник: www.20minutes.fr.