« 20 Minutes » a interviewé Paul-Edouard Lallois, procureur de la République de Belfort, après la violente agression d’un policier, vendredi, en marge des manifestations lycéennes
L'essentiel
Les investigations se poursuivent ce samedi, après la violente agression d’un policier, vendredi à Belfort, en marge des manifestations lycéennes. Le procureur de la République de Belfort, Paul-Edouard Lallois, a ouvert une enquête pour tentative d’homicide volontaire du policier, né en 1967, chef du service départemental du renseignement territorial du Territoire de Belfort.
Interrogé ce samedi par 20 Minutes, le magistrat récuse également les accusations de violence dont fait l’objet cet officier, que certains accusent d’avoir tenté, avant son passage à tabac, de noyer un manifestant dans un ruisseau.
Où en est l’enquête ce samedi concernant le policier violemment frappé vendredi ?
J’ai levé ce midi la garde à vue du jeune de 17 ans interpellé vendredi, et qui n’a pas été formellement identifié comme étant au contact du policier au sol. Nous voulions nous donner le temps d’exploiter toutes les vidéos que nous avons reçues avant de le mettre hors de cause. Je souligne que, face à la gravité de ce qui est arrivé à ce policier, plusieurs personnes ont contacté les enquêteurs pour leur faire parvenir de nombreuses vidéos tournées lors de ces violences. La scène a ainsi pu être passée au crible, ce qui nous permet d’avancer considérablement dans l’identification des individus qui passent à tabac le policier.
Combien d’individus ont été formellement identifiés ?
Quatre individus ont été identifiés comme étant les auteurs des coups. Ce sont nos principales cibles, même si nous cherchons aussi à identifier les personnes qui étaient à proximité immédiate. Parmi ces quatre personnes, figure la personne interpellée au préalable par le commandant de police, et qui avait réussi à s’échapper malgré sa menotte à la main. Elle a été identifiée comme ayant donné deux coups de pied à la tête de l’officier de police, alors qu’il était au sol après avoir reçu un premier coup violent dans le dos, par un autre individu.
Que pouvez-vous dire concernant la vidéo où l’on voit le policier, avant son agression, interpeller cet individu dans l’eau ? Certains accusent l’officier d’avoir voulu le noyer.
Il y a une véritable manipulation de cette vidéo, à qui l’on fait dire ce qu’on a envie d’y voir. Nous l’avons passée au crible, et croisée avec la déposition du commandant de police. Il explique avoir, dans un premier temps, formellement identifié ce jeune comme appartenant au groupe de casseurs, et l’avoir suivi à distance. Voyant qu’il allait se camoufler en contrebas d’une pente, près d’un ruisseau que l’on appelle La Savoureuse, et qui est quasiment asséché avec à peine 10 cm d’eau, il est allé à sa rencontre, lui notifiant sa qualité de policier. L’individu a alors tenté de prendre la fuite, puis il est tombé dans l’eau, entraînant dans sa chute l’officier de police. Il a alors tenté de lui passer les menottes, le plaquant sur la berge face au sol. Entendant d’autres personnes arriver, il s’est rapidement dirigé vers ses collègues, et c’est là qu’il a été violemment pris à partie. A ce moment, il a tenté d’écarter ses agresseurs à l’aide d’une gazeuse, et n’a pas fait usage de son arme de service. Nous avons donc un usage proportionné de la force, alors qu’il est seul, encerclé de plusieurs personnes.
Dans quel état est le policier ?
Il a reçu l’essentiel des coups au niveau du visage. Il est sorti de l’hôpital, et les nouvelles sur son état de santé sont rassurantes, mais il est choqué.