Agacée par les diktats imposés aux femmes sur la minceur, Michèle Bernier assure qu'être mince n'est pas la clé pour être heureuse.
À l'affiche de la nouvelle saison de la série La Stagiaire sur France 3, Michèle Bernier s'est livrée sans détour sur le temps qui passe, les diktats imposés aux femmes et le rapport au corps. Avec son franc-parler habituel, la comédienne revient notamment sur son parcours et sur cette injonction persistante à rester mince pour être considérée comme désirable.
"Entre les deux, il y a peu de scénarios écrits pour les femmes"Connue pour son franc-parler légendaire, Michèle Bernier s'est confiée à plusieurs reprises, sur la pression imposée aux femmes, pour rester minces et jeunes, dans le monde du cinéma. L'actrice porte un regard particulièrement lucide sur la manière dont les femmes sont représentées à mesure qu'elles vieillissent. Pour elle, l'univers du septième art et de la télévision continue de leur imposer des normes auxquelles les hommes échappent davantage.
"J'ai eu de la chance : comme je n'ai jamais été perçue comme une femme "glamour" qui faisait tourner la tête des garçons, j'ai l'impression de moins vieillir dans mon métier", a-t-elle expliqué dans les colonnes de Télé Loisirs. La comédienne estime ainsi que les femmes considérées comme des canons de beauté peuvent être confrontées plus brutalement au regard porté sur leur âge. "On passe très vite d'un rôle de mère d'adolescent à celui de grand-mère. Entre les deux, il y a peu de scénarios écrits pour les femmes. Alors que, en ce qui concerne les hommes, on s'en fout ! Ils peuvent vieillir et grossir : on écrit toujours pour eux", déplore-t-elle.
Michèle Bernier assume son changement de silhouetteAu-delà de la question de l'âge, Michèle Bernier évoque
également son propre rapport à son corps. La comédienne révèle ainsi être
passée du 38 au 46, une évolution qu'elle ne présente pas comme
un échec, mais comme une réalité de la vie.
Loin de vouloir se conformer à tout prix aux standards de minceur,
elle revendique surtout le droit de continuer à se sentir
désirable et appréciée sans devoir correspondre à une taille
précise.
"Je voudrais encore être une femme aimable et appréciable, même si je ne rentre pas dans du 36 !", affirme-t-elle avec humour. Une phrase qui résume finalement une réflexion plus large sur la manière dont les femmes apprennent très tôt à associer leur apparence à leur valeur.
"Être maigre ou mince pour être heureux, c'est une fausse idée du bonheur"Michèle Bernier va même plus loin en remettant directement en question l'idée selon laquelle la minceur serait nécessairement synonyme de bonheur. "Être maigre ou mince pour être heureux, c'est une fausse idée du bonheur", assure-t-elle. Pour la comédienne, cette croyance est profondément ancrée dans les mentalités. "On nous a un peu tordu l'esprit avec ça tout en complexant et culpabilisant les femmes", ajoute-t-elle. Son témoignage rappelle ainsi qu'un changement de taille de vêtement ne devrait pas être considéré comme un changement de valeur personnelle.
À propos de l’auteur
Ses derniers articles