Chaque dimanche d’été, Midi Libre sort des sentiers battus et vous propose un itinéraire de randonnée dans un lieu habité d’Histoire ou de légendes. Direction l’oppidum des Castels à Nages-en-Solorgues.
Chaque dimanche d’été, Midi Libre sort des sentiers battus et vous propose un itinéraire de randonnée dans un lieu habité d’Histoire ou de légendes. Direction l’oppidum des Castels à Nages-en-Solorgues.
Il suffit parfois de quelques pas pendant 3 km pour revenir 2 000 ans en arrière. Dans la commune de Nages-et-Solorgues, à une quinzaine de kilomètres de Nîmes, une randonnée balisée jaune conduit les marcheurs jusqu’à l’oppidum des Castels (parfois nommé Oppidum de Nages). Une balade où la Garrigue laisse peu à peu apparaître les traces d’une ancienne cité fortifiée gauloise.
Plusieurs départs sont possibles pour cette randonnée. L’itinéraire proposé ici débute depuis le complexe sportif de Lauzières, à Langlade. Après avoir garé sa voiture et longé les trois terrains de tennis, le chemin débute sur la gauche. La randonnée commence sur un chemin spacieux et caillouteux mais rien de bien difficile pour commencer. Passer une barrière, sur laquelle un trait jaune est peint, la balade débute. Un premier panneau d’information jaune apparaît : l’oppidum est à 2,1 km. Pas d’inquiétudes, il suffit de suivre le tracé principal et de laisser de côté les petits chemins qui s’enfoncent dans la garrigue.
Un panorama sur la VaunageAu fil des mètres, les cailloux se multiplient sous les chaussures, obligeant une vigilance accrue pour ne pas trébucher. Après un escalier en pierres naturelles, le chemin se resserre peu à peu dans la végétation. Le sentier monte légèrement pendant tout le premier kilomètre mais pas assez pour couper les randonneurs de la civilisation. Les bruits des voitures en contrebas rythment encore la marche.
Après environ deux kilomètres de légère montée, le paysage change brusquement. La végétation s’ouvre, laissant place à un panorama silencieux et apaisant sur la Vaunage. Droit devant, la ville de Calvisson se détache du paysage, avec le château de la Livière perché sur les hauteurs. Sur la droite, Clarensac complète ce tableau.
Au sommet, un panorama s’ouvre sur la ville de Calvisson.
Midi Libre - Mabel Lemoult
Cette ouverture sur le paysage n’est pas le seul changement. Sur le bord du chemin, des pierres commencent à attirer l’attention. Les premiers vestiges de l’oppidum semblent apparaître. Sur le bas-côté, des tas de gravats investissent le chemin. Un rempart, d’abord, indique la marche à suivre pour arriver sur un site portant encore les traces d’une occupation humaine vieille depuis des millénaires
Dans les pas des Volques ArécomiquesL’oppidum des Castels s’étend sur environ 12 hectares. Le site est érigé et occupé dès le IIIe siècle avant notre ère et connaît plusieurs phases d’aménagements au fil du temps. À l’époque, ces hauteurs sont occupées par les Volques Arécomiques, peuple celte installé sur une vaste partie du territoire de l’actuel Gard. L’oppidum des Castels constitue alors l’un des principaux sites de la Vaunage.
Dès l’arrivée, une tour s’impose. Les hypothèses penchent vers une fonction de communication de la tour avec les autres oppida de la vallée, qui compte sept villages fortifiés. Le lieu n’est pas une simple cité perchée. Derrière les remparts se trouvait une véritable ville organisée. Lorsque l’on prend de la hauteur en haut de la tour, la disposition des murs est frappante. Cette position rectiligne provient d’une influence grecque. L’organisation dévoile un refuge, un lieu de vie celte.
Les vestiges de l’oppidum des Castels révèlent une organisation réctiligne des foyers.
Midi Libre - Mabel Lemoult
Aujourd’hui, il faut tout de même faire travailler son imagination pour retrouver parmi les vestiges les délimitations de certains foyers. En slalomant entre les différents murets, différents passages étroits apparaissent, révélant de possibles portes d’entrée vers ce qui semble être des demeures. Le site, abandonné au Ier siècle après Jésus-Christ, reste le mieux entretenu de la vallée.
Du sommet à la source du RanquetDeux possibilités : rebrousser chemin pour revenir au point de départ ou continuer vers la source du Ranquet. Pour cela, il suffit de longer l’oppidum des Castels vers l’est. Une balise jaune apparaît : la source attend à quelques mètres plus bas, après 600 mètres de descentes. Quelques habitations sont visibles, indiquant la proximité avec le village de Nages-en-Solorgues. Le compteur affiche maintenant les 4 km de marche quand la source du Ranquet apparaît en face.
La source du Ranquet, sèche actuellement, était alimentée par les eaux qui s’infiltrent sur une cinquantaine d’hectares.
Midi Libre - Mabel Lemoult
La source a permis l’installation de l’homme depuis la fin de la période néolithique. Ce point d’eau approvisionnait les habitants de l’oppidum de Roque de Viou à Saint Dionisy ainsi que celui des Castels. Peu à peu, les habitants de l’oppidum se sont installés près de la source. À la période romaine, en érigeant une agglomération au pied de la source, la soif des hommes et des animaux a pu être étanchée. Autour, deux murets perpendiculaires ont été érigés lors de cet exode, datant du Ier siècle. Le site de l’oppidum est alors abandonné.
La deuxième partie de la randonnée est un peu plus sportive. Les deux derniers mètres pour rejoindre le point de départ s’étendent sur des chemins en montée au milieu de la garrigue. Arrivés au chemin principal, il faut suivre la direction du chemin de Nages, puis la Castellas qui rajoute 600 mètres au parcours. Pas de besoin de s’enfermer dans un musée, cette boucle de 6 km permet de remonter le temps, d’observer des vestiges et de découvrir un site fortifié celte, dont les traces restent intactes dans la tête des marcheurs.