En marge de la publication du recueil collectif « la Grande Evasion », la romancière Ananda Devi s’exprime sur le limogeage d’Olivier Nora, l’ex-patron de Grasset évincé par Vincent Bolloré.
L’écrivaine Ananda Devi, le 3 juillet 2026 à Paris. JOEL SAGET/AFP
A l’échelle du monde littéraire, ce fut un séisme. En avril, Olivier Nora, patron de Grasset, était brutalement débarqué de la maison d’édition qu’il dirigeait depuis vingt-six ans. Une décision qui venait d’en haut. De tout en haut : Vincent Bolloré, propriétaire du groupe Hachette, lui-même. Les auteurs publiés sous pavillon Grasset n’ont pas mis longtemps à se réunir, communiquer et pour la plupart décider, in fine, de quitter la prestigieuse maison. Ils sont 80 à retracer cette période de fébrilité dans « la Grande Evasion » (Buchet-Chastel), à paraître le 10 septembre. Parmi les autrices qui ont pris la plume, l’écrivaine Ananda Devi, qui, malgré elle, publie en cette rentrée littéraire un roman estampillé Grasset, sélectionné dans la première liste du Goncourt. Elle nous donne son point de vue.
« Ce qui s’est passé chez Grasset est un révélateur de ce moment précis où nous nous trouvons dans l’Histoire, un signe de notre époque. Il ne s’agit pas seulement d’un enjeu économique et d’une injustice flagrante, cela va beaucoup plus loin. C’est surtout l’enjeu politique qui me semble inquiétant…
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