Le président américain a intensifié son offensive contre les médias en annonçant vendredi verrouiller « avec effet immédiat » les accès à la Maison-Blanche aux chaînes télévisées CNN, MSNOW et au média en ligne Politico
Donald Trump dans le Maryland, le 19 juillet 2026. MANDEL NGAN / AFP
Les médias américains montent au créneau contre Donald Trump, après l’éviction de CNN de la Maison Blanche. Ce lundi 21 septembre les quatre autres chaînes américaines constituant le « pool » présidentiel, CBS, ABC, NBC et Fox, ont décidé de cesser leur couverture, selon un communiqué dont l’AFP a pris connaissance.
« A partir d’aujourd’hui, le “pool” télé ne couvrira pas les événements auxquels participera le président et qui relèvent de la couverture du “pool” », a indiqué Bryan Boughton, représentant de Fox et organisateur de ce groupe de chaînes à qui revient la responsabilité de filmer le président américain tout au long de la journée et de distribuer les images ainsi produites.
• Trois médias exclus saisissent la justicePrivés d’accès à la Maison Blanche depuis trois jours, les médias américains CNN, MS NOW et Politico ont annoncé ce lundi engager des poursuites contre le gouvernement de Donald Trump. « Ce matin, nous avons notifié au gouvernement que nous engageons aujourd’hui une procédure judiciaire pour défendre nos droits au nom du Premier amendement et du principe selon lequel le gouvernement ne décide pas ce que la presse publie », ont-ils déclaré conjointement dans un communiqué sur X.
« Sans préavis ni procédure, la Maison Blanche a révoqué nos accréditations car elle conteste notre couverture. Laisser faire ceci sans le contester menacerait la liberté de la presse et le droit du public à un journalisme indépendant et libre de toute pression du gouvernement », font-ils valoir.
• Une « menace pour la sécurité nationale » selon TrumpDans un message publié sur sa plateforme Truth Social peu après cette annonce, Donald Trump a contesté mener une offensive contre la « presse libre ». Il a dit s’en prendre aux « FAUSSES INFORMATIONS, quelque chose qui s’est propagé comme un cancer au sein de nos chers États-Unis d’Amérique ». « Cela constitue une menace pour notre sécurité nationale et doit être stoppé, MAINTENANT ! », a-t-il ajouté.
Donald Trump avait créé la surprise vendredi en annonçant verrouiller « avec effet immédiat » les accès des chaînes télévisées CNN et MS NOW, ainsi que du média en ligne Politico, dans une escalade spectaculaire de sa guerre contre les médias. Dès le lendemain, des journalistes des trois médias avaient été empêchés d’entrer dans l’enceinte de la Maison Blanche. Le président républicain avait annoncé cette mesure inédite en accusant les trois médias de relayer de fausses informations. « D’autres médias propagateurs de fausses informations suivront », avait-il menacé.
• Une décision « inimaginable » pour ObamaCette décision spectaculaire a été vivement condamnée par plusieurs acteurs du secteur et responsables politiques. « J’essaie d’imaginer ce qui se serait passé si j’avais dit : “Vous savez quoi, Fox News ? Vous dégagez !” », a tancé l’ancien président Barack Obama lors d’une intervention à l’université Colgate rapportée par « The Independent ». Qualifiant l’arbitrage de Donald Trump d’« inimaginable », Barack Obama s’est inquiété qu’« un certain groupe de personnes pense que c’est acceptable ». « Cela signifie que nous n’avons pas acquis la compréhension nécessaire de ce qu’exige la démocratie. Et nous devons y remédier », a-t-il déclaré.
« Le peuple américain doit pouvoir contrôler grâce à une presse libre et indépendante ceux qui sont élus, que les responsables gouvernementaux voient cela d’un bon œil ou non », a de son côté insisté samedi l’association des correspondants à la Maison Blanche. Condamnant une décision qui « enfreint le Premier amendement » de la Constitution américaine garantissant la liberté de la presse, elle a exhorté l’administration « à rétablir immédiatement l’accès » des journalistes concernés.
• Pas les premières attaques à la pressePendant son premier mandat et depuis son retour au pouvoir début 2025, Donald Trump a de nombreuses fois attaqué des journalistes ou médias dont la couverture lui déplaît, que ce soit devant les tribunaux, sur Truth Social ou verbalement lors d’échanges parfois très violents avec des journalistes, particulièrement des femmes. Il avait aussi écarté du Bureau ovale l’agence de presse Associated Press, pilier du journalisme américain, après que cette dernière eut refusé d’adopter l’appellation « Golfe d’Amérique » pour le Golfe du Mexique.
Cette nouvelle interdiction arrive à un moment de grande difficulté politique pour le président républicain à l’approche des élections de mi-mandat le 3 novembre. A moins de deux mois du scrutin, Donald Trump est de plus en plus impopulaire à cause du coût de la vie élevé aux Etats-Unis et de la flambée du prix des carburants, mais aussi de la guerre qu’il a déclenchée en Iran, à l’issue plus incertaine que jamais.
Par Service Actu