Une situation financière "robuste" mais "étroitement dépendante du financement par l'assurance maladie des cures thermales". Son résultat net ? Il s’établit à 3,3 M€ et sa trésorerie disponible à 20,5 M€. Reste qu'il faudra régler la refonte du centre thermoludique O'Balia fermé depuis 2024 et dont l'appel d'offres a été infructueux, les coûts ayant explosé, confie le maire, Christophe Rioust, qui n'exclut pas de revoir le projet.
Cet article <b>Balaruc-Les-Bains :</b> Les très bons comptes de la première station thermale de France
est apparu en premier sur Dis-leur !.
Thermes de Balaruc les Bains, 2021. Photos : Olivier SCHLAMA
Une situation financière “robuste” mais “étroitement dépendante du financement par l’assurance maladie des cures thermales”. Son résultat net ? Il s’établit à 3,3 M€ et sa trésorerie disponible à 20,5 M€. Reste qu’il faudra régler la refonte du centre thermoludique O’Balia fermé depuis 2024 et dont l’appel d’offres a été infructueux, les coûts ayant explosé, confie le maire, Christophe Rioust, qui n’exclut pas de revoir le projet.
C’est clair comme de l’eau de roche. “Une société financièrement solide”, avec un bémol : “Une gouvernance à clarifier.” La chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie a contrôlé les comptes et la gestion de la société publique locale d’exploitation des thermes de Balaruc-les-Bains (Spleth) pour les années 2020 à 2024. Le contrôle a porté sur la situation financière de la société, son modèle économique, l’information transmise à ses actionnaires et à la commune délégante. Pointant également que les dix rémunérations les plus élevées nécessitent 1 M€ de masse salariale. Pour plus de 50 000 curistes à l’année, soit plus de 10 % de l’ensemble des curistes en France.
Les cures thermales conventionnées, qui représentent plus de 90 % du chiffre d’affaires”
Thermes de Balaruc les Bains, 2021. Photos : Olivier SCHLAMALa conclusion est limpide : “Une situation financière robuste, portée par les cures thermales conventionnées.” Il y eut certes la fameuse année 2020 et l’année blanche due à la crise sanitaire, covid oblige qui avait fortement affecté les comptes de la première station thermale de France avec plus de 45 000 curistes en année de croisière.
Depuis, les Thermes de Balaruc, posé au bord de l’étang de Thau, ont “retrouvé une trajectoire financière très favorable. En 2024, son chiffre d’affaires atteint 39,5 M€, soit un niveau supérieur à celui d’avant-crise. Son résultat net ? Il s’établit à 3,3 M€ et sa trésorerie disponible à 20,5 M€. Cette performance repose très majoritairement sur les cures thermales conventionnées, qui représentent plus de 90 % du chiffre d’affaires.”
“Les activités complémentaires des thermes sont déficitaires, notamment le bien-être, le thermoludisme et la cosmétique”Les magistrats financiers soulignent donc la solidité financière de la société, tout en relevant sa “dépendance structurelle à l’activité thermale conventionnée et aux conditions nationales de prise en charge de ces soins”. Et une dépendance aussi de la commune à ses Thermes, comme le souligne un second rapport de la CRC publié ce matin. Relevant des “finances saines, mais dépendantes du thermalisme (…)”
Mais, car il y a un mais : “Les activités complémentaires des thermes sont déficitaires, notamment le bien-être, le thermoludisme et la cosmétique” via son centre O’balia. Ces activités participent, selon la société, à l’attractivité globale du site thermal. Elles demeurent toutefois déficitaires. Selon la chambre, le déficit cumulé des activités complémentaires atteint 3,4 M€ sur la période 2019-2024.” Des pertes compensées par les excédents dégagés par l’activité thermale conventionnée.
Des redevances “essentielles” pour la commune
Obalia. Ph. Chirripo/Bastien SéonLes Thermes, c’est toute une économie et des redevances “essentielles” pour la commune. La Spleth exploite les équipements thermaux dans le cadre d’un contrat d’affermage conclu avec la commune de Balaruc-les-Bains, propriétaire des locaux. En 2024, l’ensemble des flux financiers versés au bénéfice de la commune, redevances et dividendes compris, atteint environ 9,2 M€, soit près de 21 % du chiffre d’affaires annuel de la société.
O’balia : un surcoût avancé de 6 M€ à 12 M€Le nouveau contrat d’affermage 2024-2029 prévoit en outre une redevance de renouvellement progressive, appelée à contribuer au financement des travaux du patrimoine thermal, notamment ceux liés à O’Balia. Mais qui n’est cependant pas prêt de rouvrir et de générer du chiffre d’affaires. Le P.D.-G des thermes, Didier Calas, et le maire Christophe Rioust, confient en effet que l’enveloppe globale pour agrandir cet outil et cette offre de balnéo est de 12,5 M€. Et que les estimations la renchérissent de plus de 6 M€. “Les appels d’offres se sont avérés infructueux”, dit-il (1).
Christophe Rioust, le maire de Balaruc-les-Bains, précise que “nous avons demandé dès lors en juillet à l’architecte de savoir pourquoi les entreprises avaient répondu à l’appel d’offres en proposant des coûts allant d’une hausse de 6 M€ à 12 M€. Nous devrions avoir des éléments de réponse d’ici la fin du mois de septembre“. Il faudra peut-être relancer ce marché. Et refaire les plans pour un projet plus modeste.
Une eau dont on connaît les bienfaits depuis les Romains
Thermes de Balaruc-les-Bains. Photo : Olivier SCHLAMAEn France comme en Occitanie, première pour le thermalisme, les cures sont en tout cas un moteur économique. Le gouvernement, qui recherchait à réaliser des économies, avait imaginer en limiter le remboursement à seulement 15 %, soit à peine 200 M€, alors que la filière génère 4,8 milliards d’euros de retombées… Comme Dis-Leur vous l’avait expliqué ICI.
On s’était habitués, depuis 30 ans, à entendre les tenants des 95 stations thermales de l’Hexagone crier régulièrement au loup, sans que la situation ne change au final. Ainsi, on se disait que cette attitude était avant tout préventive et que rien ne pourrait entamer les bases de cette économie aux nombreux atouts, dont celui de n’être pas délocalisable. Avec une eau – et parfois une boue – dont on connaît les bienfaits depuis les Romains et qui, finalement, réduit la consommation de médicaments et de personnels (para)médicaux…
Le début de saison avait été timide à Balaruc, à cause de cette situation mais, au final, les Thermes de Balaruc-les-Bains ont retrouvé de leur superbe avec un mois de septembre qui “bat record sur record”.
Olivier SCHLAMA
(1) Parallèlement à l’activité de cures conventionnées, la SPLETH développe des prestations de thermoludisme et de bien-être distinctes du thermalisme médical conventionné. Accessibles sans prescription médicale, elles s’inscrivent dans une logique commerciale et sont soumises à une tarification libre (…) “Le centre thermoludique O’Balia constitue l’outil principal de cette diversification.Remboursement remis en question : Les stations thermales, de la cure à la crise de nerfs