Depuis quelques mois, Grégoire Bardin a pris les rênes de la verrerie municipale de Penne-d’Agenais. À 34 ans, l'artisan originaire du nord de la France entend faire vivre ce lieu singulier, entre artisanat, création...
l'essentiel Depuis quelques mois, Grégoire Bardin a pris les rênes de la verrerie municipale de Penne-d’Agenais. À 34 ans, l'artisan originaire du nord de la France entend faire vivre ce lieu singulier, entre artisanat, création et transmission, tout en apportant progressivement sa propre signature.
Installé à Penne-d’Agenais depuis le mois de mai, Grégoire Bardin, le nouveau souffleur de verre de la verrerie municipale de Penne-d'Agenais "Verre Zé Bulles", a succédé à Richard Daliné, qui a fait vivre l’atelier pendant plusieurs années. À 34 ans, ce Nordiste d’origine a déjà beaucoup voyagé avant de poser ses outils dans le Lot-et-Garonne. Marseille, Saint-Louis-lès-Bitche (Moselle) et sa célèbre cristallerie, Montpazier, les Landes, la Suisse… Son parcours l’a conduit dans des ateliers, des musées, des résidences et des lieux de création, pour finir par se stabiliser en Lot-et-Garonne. Pourtant, son histoire avec Penne-d’Agenais avait commencé bien avant son installation.
Avant de devenir verrier, le trentenaire travaillait dans le secteur des fruits et légumes biologiques, après une expérience en permaculture et dans l’achat-vente. "J'aimais beaucoup, mais j'avais besoin de faire quelque chose de mes mains." Une envie de créer qui l’a poussé vers une reconversion professionnelle. Pour découvrir le métier, le Lillois effectue un premier bénévolat dans une verrerie. Une amie lui conseille alors celle de Penne-d’Agenais. Il y rencontre Richard Daliné, dont il devient le premier stagiaire.
À lire aussi : Richard et Noélie, souffleurs de verre à la canne
"J'ai été le premier stagiaire de Richard Daliné, mon prédécesseur"L’expérience est concluante. "J'ai été son premier stagiaire. Ça m'a plu. Et on a créé une bonne amitié avec Richard." Quelques années plus tard, cette première rencontre débouchera naturellement sur une passation. La succession s’est faite progressivement. Grégoire Bardin est arrivé en mai, tandis que Richard Daliné a terminé son activité à la fin du mois de juin. Ce dernier laisse derrière lui un atelier largement structuré et équipé, dont il a accompagné le développement technique.
À lire aussi : PORTRAIT. Souffleur de verre, un métier en péril ? "C’est un beau métier, mais on manque de bras !"
Désormais à la tête de la verrerie municipale, il s'occupe à la fois de la fabrication des pièces en verre et de leur vente. La production se fait sous les yeux du public dans l'atelier installé au fond de la boutique. Les premiers mois ont toutefois été marqués par un impératif : remettre l’outil de production à pleine capacité. Un nouveau four, reçu au début du mois de juillet, est venu remplacer l’ancien, devenu trop vieux. La différence est considérable. Le petit four de fusion utilisé à ses débuts permettait de travailler avec 13 kg de verre. Le nouveau atteint 70 kg. De quoi permettre à l’artisan de travailler quotidiennement et de développer davantage sa production.
Grégoire Bardin, le nouveau souffleur de verre de la verrerie municipale de Penne-d'Agenais
DDM - Valentin Vié
Car la verrerie fonctionne en flux tendu : peu de stock, des pièces qui partent au fur et à mesure et une production adaptée à la demande. Art de la table, vases, objets décoratifs ou encore sculptures composent aujourd’hui l’essentiel de la gamme.
À lire aussi : Le souffleur de verre et Perry Taylor exposent au château de Lavardens jusqu’au dimanche 28 janvier
"Ça ne fait que 6 ans que je suis souffleur de verre, j'ai encore pas mal à apprendre"Même s'il y exerce depuis plusieurs mois maintenant, le jeune artisan est toujours autant impressionné par son cadre de travail. Il y a, en effet, très peu de verreries municipales en France. Et encore moins dans une commune aussi petite que Penne-d'Agenais. "Je crois que c'est la seule verrerie municipale de France dans un village de cette taille-là. On a un super local, on a un super emplacement. Et du coup, ça participe vraiment à la vie du village." Il apprécie également la formule qui lui permet d’exercer son métier comme contractuel de la municipalité. Une situation qui lui offre une certaine liberté artistique tout en lui apportant une stabilité économique. "J'ai un salaire par la mairie. Je ne paye pas de charges de gaz et d'électricité." Son rôle ne consiste pas seulement à façonner le verre, mais aussi à expliquer son travail aux visiteurs. "Mon rôle, c'est de faire de la médiation aussi sur mon travail, d'expliquer ce que je fais sans forcément entrer dans des choses trop complexes."
À lire aussi : À Toulouse, le souffleur de verre qui fait des étincelles
Le verrier explore les formes, les couleurs et les effets de matière, tout en continuant à perfectionner une technique qui demande des années de pratique. "Ça ne fait que 6 ans que je suis souffleur de verre, j'ai encore pas mal à apprendre. Pour être polyvalent, on me dit qu'il faut 10 ans." À Penne-d’Agenais, il peut aussi compter ponctuellement sur Alexandre Serra, figure historique de la verrerie locale (il y a travaillé pendant 38 ans de 1982 à 2020) et premier verrier de Penne. Retraité mais toujours passionné, celui-ci vient parfois lui donner un coup de main. Une aide précieuse dans un métier où l'apprentissage est permanent.
Grégoire Bardin désire poursuivre une histoire déjà engagée avec ce lieu, tout en préparant la suite. "Je suis très heureux de reprendre la verrerie. On me fait confiance."